Humour satirique : Croisade dans les bois…
Par Alain Mouginet
Ancien éditeur, résident du Bassin
8/11/2026
Pan-pan sur le Bassin : mémoires d’un lapin contrarié
Café · Brasserie · Cocktails · Cap Ferret
La Madrague du Cap, une histoire de famille depuis 1972
Face à la plage, La Madrague du Cap vous accueille toute l’année pour les petits déjeuners, le brunch du dimanche, une cuisine maison et des cocktails créatifs. Options végétariennes et véganes, terrasse et animaux bienvenus.
Je ne sais pas vous, mais moi, joyeux lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus), je vis des jours heureux dans ma forêt qui borde le Bassin d’Arcachon. Pas besoin de résidence secondaire au Cap Ferret, de bateau au mouillage ni de compte en banque bien garni. Mon patrimoine se résume à un terrier confortable, trois touffes de trèfle bien placées et une vue imprenable sur les pins maritimes. Le tout sans crédit immobilier, sans taxe foncière et, surtout, sans voisin qui passe la tondeuse le dimanche matin. La belle vie, quoi !
Le bonheur est dans le terrier.
Chaque jour, me réveillant au chant des oiseaux, je m’étire les oreilles avec la souplesse d’un retraité de la fonction publique, puis pars déjeuner dans une prairie voisine. Au menu : herbe fraîche, pissenlits croquants et jeunes pousses de trèfle. Bio, local, de saison. Même les restaurants branchés du Bassin n’auraient pas osé me facturer ça 29 euros avec une petite fleur posée sur l’assiette. A midi, sieste obligatoire, petit somme à l’ombre d’un chêne, les pattes en éventail, le ventre rond et l’esprit vide de toute préoccupation. Le soir, rencontre entre copains pour refaire le monde. On parle de la météo, des champignons qui se font rares, des écureuils qui se prennent pour des banquiers et des sangliers qui labourent les sous-bois sans jamais demander l’autorisation à quiconque.
Certes, notre tranquillité est quelquefois troublée par de sombres abrutis aux allures de cosmonautes, juchés sur des engins pétaradants semant le chaos chez les calmes habitants de ce coin sauvage. Cela dit, j’ai intégré depuis longtemps que la connerie était la chose la mieux partagée par le genre humain. Bref, globalement, nous menons une existence paisible, réglée comme du papier à musique, avec juste ce qu’il faut d’aventure pour pimenter le quotidien. Quand un renard passe dans les parages, c’est un vrai sport ! Un chien arrive ? On bat le record du cent mètres ! Mais tout cela reste raisonnable : la nature a ses règles, et chacun connait sa place.
Commando des sous-bois
Donc, tout se déroulerait au mieux sans l’arrivée de cette foutue saison qui voit fleurir dans nos sous-bois, dès potron-minet, une espèce agressive, ivre de sang et d’horreur, armée comme un porte-avions au combat, prête à génocider mes paisibles congénères. Ces humanoïdes sans cœur avancent souvent en groupes, lourdement, tels des zombies, l’œil vitreux, la lippe pendante, avides de prouver leur supériorité indéniable sur cette nature hostile qu’ils comptent bien dompter en flinguant à tout va. Même mes amis les écureuils, pourtant réputés pour leur sang-froid lorsqu’il s’agit de dissimuler des noisettes au fisc, en perdent leur légendaire sérénité. Pour répondre à Cunégonde, ma compagne, qui s’étonnait de tant d’agressivité humaine, j’ai adopté la position philosophique du vieux sage : « La forêt ne devrait pas être un stand de tir, et le plus beau trophée qu’un homme puisse rapporter de sa promenade, c’est d’avoir laissé la nature aussi paisible qu’il l’a trouvée. »
Circus Ruralis et traditions: 1,09 coups /seconde
Comme nous sommes tous planqués, je me demande sur quoi ils peuvent bien tirer, d’ailleurs, étant un lapin connecté amateur de statistiques, j’ai scrupuleusement relevé hier, peinard dans mon bunker, le nombre de salves tirées dans mon environnement immédiat, et ce pendant cinq petites minutes : 327 ! Soit 1,09 coups à la seconde !
Après leur passage, le sol est jonché de petits cylindres multicolores même pas bons à grignoter, mais qui donnent de jolies touches de couleurs à ce cadre automnal.
Renseignement pris, la raison de cette croisade s’avère être la nécessité de réguler notre espèce. Certes, j’en conviens, nous sommes de fiers reproducteurs, prêts en toute occasion à honorer nos nombreuses femelles… qui en redemandent… mais tout de même !
Et puis, on m’affirme que la chasse est une expression culturelle française qui s’exerce depuis la nuit des temps. Pourtant certaines traditions se perdent. Tiens par exemple dans la Rome antique, une coutume bien ancrée consistait à faire bouffer des chrétiens dans l’arène par des animaux sauvages, pratique traditionnelle qui permettait de réduire cette populace pour la plus grande joie des spectateurs enthousiastes. Et puis, pour de sombres raisons éthiques, ce charmant spectacle est tombé en désuétude.
Alors, il me reste quelques raisons d’espérer…
Alain Mouginet
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Super
Que des vérités qui sont finement exprimes
Assassinat d'erreur.
La semaine passée, un jogger a été abattu par un doux nemrod affamé… Merci.
Drole ce texte
Tres bon texte plein d humour ,le 2eme degre echappe completement a certains….
Pan Pan
Hé gentil lapin serais-tu hostile à une petite régulation orchestrée s’il prenait l’envie à une compagnie de sangliers de venir fouir le joli parterre devant ton terrier ?
Cela dit , j’aime bien ta prose !
Il est temps de prendre sa retraite...éditoriale !
Quel supplice en ce dimanche matin de novembre que de lire tant de billevesées…
Que l’auteur de cette « chronique » satirique n’apprécie pas la chasse est son droit le plus strict; qu’il en brosse un portrait aussi ridicule, empreint des clichés les plus vils, confinant à l’anathème, relève d’une escroquerie intellectuelle et d’une méconnaissance -surtout- de la nature assez crasse.
N’abordons même pas la comparaison finale qui aura le mérite de disqualifier l’entièreté de son trait.
Il ne manquerait plus qu’un point Godwin et ce serait l’apothéose…
L' »ancien éditeur, résident du Bassin » serait avisé de lâcher la plume, l’heure de la retraite a sonné, place à la détente et à la joie de profiter du Bassin et de ses merveilles.
Pas terrible
« Apprenez à ne pas avoir peur de celui que vous ne connaissez pas » Et vous, quelle est votre position face aux parisiens ou ceux d’une autre région d’ailleurs ? Allez-vous vers eux pour les accueillir ? Texte minable et orienté.
Après les coqs, les cloches, les chasseurs
Les parisiens sont une drôle d’ethnie. Ils ne sont jamais satisfaits de rien et se complaisent à l’exprimer à tout bout de champs. Pas satisfaits de Paris parce qu’ils le quittent dès qu’un week-end se présentent, pas satisfaits du lieu de leur retraite à cause des coqs, des cloches ou des chasseurs. Ce doit être difficile à vivre de n’être jamais content de rien. Allez plutôt voir ces chasseurs qui passent leur temps libre dans la forêt, qui ont plaisir à se retrouver et qui vous donneront un cuissot de sanglier ou vous inviterons à déguster une bécasse. Apprenez à ne pas avoir peur de celui que vous ne connaissez pas, à dire bonjour à celui qui vit là depuis toujours et qui a conservé intacte cette nature que vous appréciez tant.
Excellent
Tellement bien écrit, vos articles me mettent le sourire de bon matin. Merci



