Chronique d’une coupe du monde sous emprise…
Humour satirique : Football, le ballon victime collatérale!
Par Alain Mouginet
15/07/26
Je ne sais pas vous, mais moi je vais enfin pouvoir souffler après cet épisode éprouvant que nous venons de vivre lors de cette coupe du monde de foot à l’américaine. Cela dit, je le confesse, j’éprouve pour le football une sympathie modérée. Vingt-deux joueurs, un ballon, des passes, des dribbles, parfois un éclair de génie… Je comprends que l’on puisse être amoureux de ce sport. Après tout, il existe bien des gens qui passent leur dimanche à classer leur collection de timbres représentant des phares finlandais, alors…
C’est pourtant un jeu d’une simplicité magnifique, mais qu’il m’est difficile d’apprécier à sa juste valeur tant son environnement me pèse.
Les supporters : espèce protégée par les brasseurs
Avant même le coup d’envoi, il faut subir les supporters. Pas tous, bien sûr, mais ceux qui considèrent qu’un chant de stade est d’autant plus beau qu’il est beuglé avec trois grammes d’alcool dans chaque corde vocale. Ils débarquent peints des pieds à la calvitie, grimés comme des perroquets sous amphétamines, enveloppés dans un drapeau national comme une merguez dans sa galette. Ils soufflent dans des trompes capables de réveiller un cimetière et transforment chaque terrasse de café en annexe de la fan zone. Si l’enthousiasme était une énergie renouvelable, ces manifestations alimenteraient l’Europe entière.
Le commentaire sportif ou l’art de survivre à une touche
Et puis il y a le journaliste sportif, qui en fait ne décrit jamais un match : il le vit comme si chaque passe décidait du destin de l’humanité, confondant d’ailleurs commentaire et crise d’épilepsie verbale, usant et abusant sans réserve d’une avalanche de superlatifs. Une remise en touche devient un moment capital. Un corner est peut-être le tournant de cette Coupe du monde. Un gardien attrape un ballon sans difficulté : Quel geste exceptionnel ! On finit par croire que cette engeance commenterait avec la même intensité un type qui descend ses poubelles.
Le football est devenu un spectacle où le spectacle regarde le spectacle. On ne parle plus d’un match mais d’un événement planétaire, d’une expérience immersive, d’une célébration universelle. Jadis, on jouait au ballon. Aujourd’hui, il faut des drones, des écrans géants, des influenceurs, des statistiques dont personne ne comprend l’utilité, sans compter les consultants capables d’expliquer pendant vingt minutes pourquoi un joueur a eu l’idée saugrenue de courir vers le but.
Le ballon roule, les ego galopent
Et cette Coupe du monde franchit un nouveau cap dans le grotesque. On avait déjà les mascottes, les sponsors, les hymnes, les cérémonies grandiloquentes et les discours sur les valeurs universelles du sport, le tout infligé par des responsables arborant au poignet des montres valant le budget d’un petit village. Donald Trump s’y promène avec la satisfaction visible de celui qui confond volontiers une compétition sportive avec un meeting électoral géant. À ses côtés, le flagorneur patron de la FIFA semble rivaliser d’enthousiasme pour flatter l’hôte des lieux. On ne sait plus très bien où finit la diplomatie, où commence la révérence et à quel moment le ballon devient simple accessoire.
Il existe des gymnastes moins entraînés à l’exercice de la courbette. Les discours célèbrent l’amitié entre les peuples pendant que chacun vérifie où se trouve la caméra la plus proche. Le ballon roule, les ego, eux, caracolent.
Le football est un jeu (si,si!)
Le plus ironique, c’est que le football n’avait besoin de personne. Pas de chefs d’État venus s’attribuer les buts. Pas de dirigeants qui sourient devant les caméras comme s’ils avaient eux-mêmes inventé le hors-jeu. Pas de conférences de presse où l’on parle davantage de géopolitique que de tactique. Le football est un jeu. Les joueurs jouent, les supporters raisonnables encouragent. Et tout irait très bien si une armée de braillards, de communicants, de commentateurs surexcités et de puissants en quête de lumière ne s’étaient pas convaincus que le véritable spectacle, c’était eux.
Finalement, ce que je déteste dans le football, ce n’est pas le football. C’est son entourage.
Et comme souvent dans les grandes réunions de famille, ce sont les invités qui gâchent la fête.
Alain Mouginet
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Très bonne analyse de ce "phénomène" de cirque...
Grâce à cette défaite le pays n’a pas été mis à feu et à sac par ces pseudos supporters !!!
Girondins
Mr Lionel Franck ! Normal que vous n’alliez plus au stade voir du foot à Bordeaux !!!! Il me semble que Bordeaux n’a PLUS d’équipe !!!!!
très bonne analyse
il y a des années j’étais un fervent supporter (girondins) et votre très bonne analyse reflète pourquoi depuis + de 5 ans je ne vais plus au stade et que le foot ne me m’intéresse plus.
Nous n'entendrons pas les gueulards crier "on a gagné" et encore moins "on a perdu" !
Très bonne analyse


