De la lecture en vacances, quand vous voulez!

Des livres: Une autobiographie de « Barbe bleue »; Un nouvel opus de « Bouscatière »; Une saga familiale dans le Medoc; Un roman dystopique sur une société sous contrôle… Pour bronzer la tête ailleurs!


11/07/26


« Une autobiographie de Barbe Bleue », de Brigitte Lurton



L’histoire

Quelle force pousse un homme à détruire la femme qui partage sa vie ? Son éducation ? La haine de sa mère ? Un féroce complexe d’infériorité ? Il n’y a pas qu’une clef à la chambre sombre où réside le mystère.

En faisant parler le plus mythique des féminicides, l’autrice lui donne une enfance, une adolescence, les terreaux fertiles à la plante vénéneuse que sera sa vie.

Sans victime, il n’y a pas de meurtriers. On parle de victime expiatoire, elle est le bouc émissaire, et c’est par elle que l’histoire existe. Après la parole de l’assassin, sept histoires comme autant d’épouses de Barbe-Bleue.


L’auteur

Née dans le Bordelais au sein d’une famille nombreuse, Brigitte Lurton s’est nourrie de dessin et de lectures. Après de nombreux déménagements, plusieurs carrières dans le vin, l’hôtellerie et la décoration, il était temps pour elle de prendre la plume.


Ce qu’on pense

Alors là… Ne pas se fier à la couverture. Ce roman choc est marqué par une écriture implacable avec une immersion médiévale qui serre la gorge au fil des pages. Brigitte Lurton revisite le mythe avec l’histoire de Gilles de Rais, véritable « Barbe-Bleue nantais », violeur et assassin d’enfants et de femmes, qui a inspiré le conte à Charles Perrault, paru en 1697.

En mêlant terreur d’enfance et réalité historique, l’auteure fait entendre la voix d’un prédateur, puis celle de ses femmes, révélant la mécanique implacable de l’emprise. Le texte, d’un français parfois ancien, créé une atmosphère authentique et renforce la crédibilité historique du récit. La lecture est fluide, même si l’écriture avec une tension constante transforme le mythe de Barbe Bleu en radiographie de la domination masculine, soulignant en contrepoint les violences faites au femmes aujourd’hui.


Lire un extrait


IB Pratic : « Une autobiographie de Barbe Bleue », de Brigitte Lurton, Ed L’Harmattan, 116 p, 13€, Disponible auprès de votre libraire préféré(e) ou à commander chez l’éditeur, ou sur une plateforme internet



« L’enfant de l’amour – La lignée d’Antonia », de Bernard Duporge



L’histoire

De 1870 à 1945, à travers trois générations, cette saga familiale retrace des destins de femmes fortes et combatives, dans une société qui leur refuse encore droits et reconnaissance. 
Antonia et Jentout dirigent une scierie prospère, mais la mort brutale de Jentout laisse Antonia seule face à un monde d’hommes qui conteste son autorité. Son fils Rémi, peu enclin à reprendre l’affaire, provoque l’éclatement de la famille après l’incendie de la scierie. Installé ailleurs, Rémi élève sa fille Isabelle, qui atteint dix-huit ans à l’aube de la Grande Guerre. Enceinte et fiancée à Guillaume, disparu au front, Isabelle refuse de renoncer et devient infirmière pour le retrouver. De Bordeaux aux abords du front, sa quête obstinée la mène à des rencontres décisives, dont celle de Sarah Bernhardt.


L’auteur

Élu dans la commune de Sainte-Hélène, où il réside, Bernard Duporge devient adjoint à la Culture. Il crée, à l’occasion de la sortie de son premier roman, un Salon du livre avec la complicité de Georges Coulonges, qui l’a poussé vers l’écriture. Il devient correspondant de presse pour le journal Sud-Ouest, et pendant 20 ans, il signe une chronique humoristique tous les samedis.


Ce qu’on pense

Dans cette épopée, la force de ses femmes est un pilier central pour une famille ballottée par les guerres, les drames et les disparitions. Le récit est bien ancré dans son époque, dans un Médoc, où les scieries et les hôpitaux deviennent les scènes d’une résilience obstinée. L’histoire est portée par des personnages qui avancent envers et contre tout.

Un livre fort, historique, porté par des personnages tenaces, pour rester debout face à l’adversité.


Lire un extrait


IB Pratic : « L’enfant de l’amour – La lignée d’Antonia », de Bernard Duporge, Ed. La Geste, 208 p, 20€, Disponible auprès de votre libraire préféré(e) ou à commander chez l’éditeur, ou sur une plateforme internet



«  2044 Alma mater», de Simone Gélin 



L’histoire

Dans un futur proche où un “Système d’intégration” régit les sociétés, Gaïa, adolescente élevée en marge, cherche à comprendre les événements qui ont bouleversé le monde vingt ans plus tôt. À travers le récit de sa mère et sa rencontre avec Oscar, un jeune intégré, se dévoile une société sous contrôle, où les idéaux d’une génération ont été brisés. Entre mémoire, confrontation d’idées et quête de vérité, le roman interroge les mécanismes d’un pouvoir invisible et la place de l’individu dans un monde en apparence apaisé mais profondément contraint.


L’auteure

Après une carrière dans l’enseignement, Simone Gélin se consacre à l’écriture de romans dont le cadre privilégié est Bordeaux et le bassin d’Arcachon, où elle vit et puise son inspiration. Ses écrits ont reçu plusieurs récompenses : Prix de la nouvelle au salon du livre de Hossegor en 2012 et au Festival Paris Polar en 2016 ; Prix Augiéras en 2014 à Périgueux et prix du jury au salon de Saint-Estèphe pour le roman Le Journal de Julia. En 2017 elle obtient le Prix de l’Embouchure au festival international de littérature policière de Toulouse pour L’Affaire Jane de Boy. En 2018 elle a publie Sous les pavés la jungle. Son dernier roman Adieu Lola a été consacré par le Prix Regards Noirs au festival de Niort.


Ce qu’on pense

Simone Gélin signe un nouvel ouvrage surprenant, engagé. Cette dystopie sombre interroge sur les choix à venir entre les combats à mener, ou suivre le conformisme ambiant, dans une société aseptisée et controlée. Les histoires d’amour éclairent le récit d’une fraîcheur innocente. On navigue avec aisance et plaisir dans les pages de ce nouvel opus, peut être le plus déterminé, le plus sensible, de Simone Gelin.


Lire un extrait


IB Pratic : «  Alma mater », de Simone Gélin, Ed. Cairn, 336 p, 14,50€, disponible auprès de votre libraire préféré(e) ou à commander chez l’éditeur, ou sur une plateforme internet



« Les Bouscatière (Tome IV) », d’Agnès Claverie



L’histoire

La révélation d’un secret de famille, succédant à la mort tragique de leurs parents, la haine d’Emma Bouscatière pour des cousines qui, dit-elle, l’ont abandonnées, encouragent les trois sœurs, Gaëtane, Alphonsine, et Léonie, nées Bouscatière, devenues épouses et mères, à se rapprocher, et se soutenir.
Entre 1930 et 1939, on danse toujours à Arcachon, au skating ou au casino de la Plage. On se passionne pour  les courses cyclistes, et le cinéma. Le casino Mauresque  accueille les bals d’enfants, et, sur l’eau, les régates réunissent les amateurs de voile ou d’aviron. Depuis longtemps, on a chassé les tuberculeux, mais les préventorium acceptent encore les petits anémiés. Des investisseurs achètent ou revendent des terres, ouvrent des routes. Des actrices, des notabilités parisiennes, des familles bourgeoises bordelaises,  font construire au Moulleau, au Pyla, à Andernos-les-Bains, au Cap-Ferret.
Entre 1936 et 1938, le « Front populaire » dirige la France. Les « congés payés » envahissent les plages, montent leurs tentes dans les jardins publics. Des chalutiers débarquent des réfugiés espagnols à la jetée d’Eyrac, et les discours du chancelier Hitler, retransmis par la radio, inquiètent les plus prudents. 1er septembre 1939, c’est la guerre.


L’auteure

Agnès Claverie a été journaliste à « Sud-Ouest » et a travaillé dans les agences locales de La Rochelle, Rochefort, Mérignac, Arcachon, et Langon. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages consacrés à l’histoire locale de Gironde et Charente-Maritime, à la cuisine, et de romans. Installée à Arès depuis deux ans, elle a entrepris de raconter sous forme de roman l’histoire du Bassin d’Arcachon entre la fin de l’épopée napoléonienne, et le milieu du XXe siècle.


Ce qu’on pense

Les Bouscatière sont de retour ! Si ce tome IV peut se lire indépendamment des trois premiers, il reste cependant dans leur lignée avec une progression naturelle de la fresque familiale. L’auteure fournit une vraie richesse documentaire sur le Bassin d’Arcachon entre 1930 et 1939, dans un décor social et historique bien restitué. L’écriture est vivante, mêlant drames intimes et mouvements du monde. Ce nouveau chapitre est l’occasion de comprendre les transformations du Bassin, notamment par l’essor du tourisme.

Agnès Claverie restitue un territoire en mutation, donnant à la saga et aux histoires familiales une profondeur historique. A lire pour mieux connaître le Bassin d’Arcachon et suivre les aventures de la famille Bouscatière…


IB Pratic : « Les Bouscatière (Tome IV) », d’Agnès Claverie, Ed La Geste, 310 p 20€, disponible auprès de votre libraire préféré(e) ou à commander chez l’éditeur, ou sur une plateforme internet


Belles lectures !


  Michel Lenoir


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