Le Chemin de fer en 1845 de Bordeaux à La Teste (1er épisode)

Extrait du 1er chapitre du « Guide du voyageur à La Teste et aux alentours du bassin d’Arcachon »  par Oscar Dejean.

« Vade-mecum indispensable aux voyageurs sur le chemin de fer, ainsi qu’à toutes les personnes qui vont prendre des bains de mer sur la côte d’Arcachon ».


Offrez vous une pause, et prenez le temps de déguster des extraits de ce livre savoureux…


24/05/22



InfoBassin vous propose de découvrir pendant quelques semaines des extraits du guide du voyageur par chemin de fer de Bordeaux à La Teste écrit en…1845.
A cette époque, le train est une révolution technologique, et il va, comme en Amérique, désenclaver les territoires du « Far west » de la France d’Aquitaine. Les éditions Bas du pavé qui rééditent ce livre vous embarquent dans la machine à remonter le temps. Attention au départ !


« Le jour de son ouverture au public (le 7 juillet 1841, le lendemain de son inauguration) « le chemin de fer livré au public fut le théâtre de véritables scènes de comédie : on n’osait pas monter en wagon ; c’étaient des rires, des cris d’effroi que venait encore augmenter le sifflet de la locomotive ou l’échappement de la vapeur. Beaucoup de braves gens n’osaient affronter le “monstre” et se laisser conduire par lui » écrivait  G. Bouchon dans son livre (1).



CHAPITRE PREMIER : Chemin de fer de Bordeaux à La Teste


Le chemin de fer de La Teste est un des premiers que l’on ait construits en France, où tant de localités, plus riches et plus productives que les Landes, demandent encore sans succès la création de semblables voies de communication, dont l’établissement dispendieux est le partage des pays privilégiés. Ce n’est donc pas sans étonnement que l’on trouve un railway de Bordeaux à La Teste, dans cette contrée peu populeuse et si pauvre en apparence. Nous disons : en apparence, car cette pauvreté n’est pas réelle…


Le Landais se contente de si peu, qu’il cède a son apathie naturelle, et se donne rarement la peine de développer les germes de prospérité qui l’entourent ; il puise nonchalamment à quelques-unes des sources de richesse qui coulent devant lui, sans s’occuper de faire jaillir celles que la Providence a cru ne devoir accorder qu’à sa persévérante industrie, à son travail ingénieux et assidu.
Il ne faut donc pas que le voyageur se hâte de juger ce pays trop longtemps méconnu : ce n’est pas en un seul jour qu’il peut se former sur son compte une idée précise, l’apprécier à sa juste valeur.



Cet avis, que nous nous empressons de consigner au début de notre œuvre, nous est suggéré par l’expérience. En général, tous ceux qui ont exploré les Landes, les ont visitées trop superficiellement, et ils sont partis en les regardant comme une nouvelle terre promise, ou bien en leur refusant jusqu’au moindre don de la nature. Un fol engouement ou d’injustes dédains ; voilà donc ce qu’elles ont obtenu jusqu’à présent ; que l’on veuille bien les observer avec attention, se donner la peine de bien voir, afin de bien juger, etl’on se convaincra bientôt qu’elles ne méritent ni cet excès d’honneur, ni cette indignité.


Cela dit, nous revenons au chemin de fer, car c’est de lui que nous devons spécialement nous occuper dans ce premier chapitre…/…


Commencé en 1838, le travail était achevé en 1841, et c’est le 6 juillet de la même année que l’inauguration de cette nouvelle voie a eu lieu, au sein des populations environnantes, appelées, autant par le besoin de se convaincre de la réalité du bienfait dont elles allaient jouir, que par le désir de joindre leurs prières à celles de Monseigneur Sonnet, archevêque de Bordeaux, qui était venu, accompagné des premières autorités du département, bénir l’œuvre achevée et appeler sur elle la protection du ciel.


Le lendemain, 7 juillet, le service régulier des convois fut mis en activité ; depuis lors il n’a subi aucune interruption. Chaque jour deux convois ordinaires partent de Bordeaux et de La Teste, et font le trajet dans deux heures et demie au plus, y compris tous les temps d’arrêt aux stations intermédiaires.
La Société est dirigée par un conseil d’administration composé de huit actionnaires principaux et présidé par M. D.-G. Mestrezat, négociant de Bordeaux, homme profondément attaché à la prospérité des Landes, et dont tous les efforts ne cessent de tendre à l’amélioration de la contrée.


La longueur totale du chemin de fer est de 52 300 mètres ; il n’a qu’une seule voie, mais la zone de terrain acquise permettrait d’en placer une seconde si le besoin du service venait à l’exiger. En outre des deux têtes de Bordeaux et La Teste, il possède vingt gares ou stations intermédiaires, où les voyageurs ainsi que les marchandises peuvent prendre et quitter les convois… »


(1) G. Bouchon, Cinquantenaire de l’inauguration du Chemin de fer de Bordeaux à La Teste, 1841 – 1891, Historique du Chemin de fer de Bordeaux à La Teste et à Arcachon. Réédité par les éditions L’esprit du temps en 1991.



L’intégralité de ce chapitre est à retrouver dans le livre des Editions bas du pavé, disponible chez votre libraire ou à commander ici.

Le semaine prochaine

Chapitre 2 : « Voyage de Bordeaux à la Teste. Renseignements divers pour le départ – Itinéraire« 


Si vous trouvez le TER  de 2022 inconfortable, découvrez les trains de 1845, ça vaut le détour…


IB Pratic : Guide du voyageur à La Teste et aux alentour du bassin d’Arcachon  par Oscar Dejean. Vade-mecum indispensable aux voyageurs sur le chemin de fer, ainsi qu’à toutes les personnes qui vont prendre des bains de mer sur la côte d’Arcachon »

Paru aux Editions bas du pavé, 184 pages avec de nombreuses illustrations et photos anciennes. 15€. Disponible chez votre libraire autour du Bassin ou en commande. Pour commander directement chez l’éditeur par internet c’est ici. 


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Michel Lenoir


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