La vie sur le Bassin en 1845: un guide d’époque, pittoresque!

Extraits du guide « Voyage en train entre Bordeaux et le Bassin d’Arcachon en 1845 » par Oscar Dejean (suite et fin). Aujourd’hui, après la descente du train, une présentation des activités à pratiquer sur le Bassin.


Offrez vous une pause, et prenez le temps de déguster quelques extraits qui nous replongent à la fin du XIX siècle sur le Bassin…


NB : Les intertitres et commentaires en italique sont de la rédaction d’InfoBassin


Après la descente du train…


En 1845, déjà, le guide était vendu avec une carte… La voie de chemin de fer s’arrête alors à La Teste. La commune d’Arcachon n’existe pas encore administrativement, elle sera détachée de La Teste par décret impérial en 1857.

 


« Appartements à louer dans les maisons particulières à La Teste

(Où l’on constate que les locations aux touristes ne datent pas d’hier…)

Depuis quelques années on a pris l’habitude de louer des chambres garnies et même des appartements dans les maisons particulières, lorsque l’on veut demeurer à La Teste quelques temps pendant la saison des bains. C’est un excellent moyen de diminuer ses dépenses, dont nous recommandons l’usage aux étrangers…/… En se logeant de cette façon, si l’on ne veut pas s’occuper de son ménage, on peut prendre ses repas à l’un des hôtels dont nous venons de parler, comme pensionnaire ou à la carte, ou bien se faire servir chez soi. Cette manière de se nourrir n’est pas dispendieuse…/… Le propriétaire du local que l’on loue met tout de suite au courant des habitudes du pays, on l’a toujours sous la main quand un avis est nécessaire, et au bout de quatre ou cinq jours on est comme chez soi.



Renseignements divers

Pâtissiers. — La Teste en possède six, qui font des gâteaux passables, mais très peu variés ; on vend cette pâtisserie à domicile, car on ne connaît pas ici l’usage si bien suivi par les dames de nos grandes villes, d’aller chaque jour se restaurer chez le pâtissier à la mode.


Bals publics. — Le dimanche après-midi les bals publics, ouverts à la place du Saubona, sont le rendez-vous de la jeunesse testérine, qui aime ce plaisir à la folie. Nous engageons le voyageur à visiter ces bruyantes réunions : il y verra la brune marinière aux allures dégagées, la frêle et langoureuse résinière, la piquante grisette aux yeux mutins, dansant toutes avec un délirant bonheur, en butte aux regards convoiteux de ce groupe de vieux bourgeois qui causent entre eux, sourient, médisent même, et se racontent tout bas la petite chronique scandaleuse de la semaine.


Cercle. — Les habitants notables de la ville ont formé un Cercle, où ils se réunissent habituellement pour lire les journaux, faire la conversation, jouer au billard, aux cartes, aux dames, etc. Les étrangers y sont admis gratuitement pourvu qu’ils soient présentés par un membre titulaire. Cette faculté est précieuse pour le voyageur qui possède par là, s’il veut étudier le pays, le meilleur moyen de recueillir de bons et utiles renseignements.


 


Pêche

Il se fait dans le bassin d’Arcachon plusieurs espèces de pêches, qui ont surtout lieu pendant l’été…/… mais nous engageons les baigneurs à voir surtout la pêche à la Seine, au Palet et celle au flambeau ou à la Haille, qui se fait la nuit avec des torches et une Fouane. Il est du reste très amusant de se faire expliquer par le pêcheur lui-même les différentes ruses qu’il emploie pour surprendre les hôtes de la mer : le pittoresque de son langage ajoute encore au plaisir qu’on éprouve à écouter ses descriptions, toujours accompagnées de sentencieux avis, et à suivre en même temps ses travaux si intéressants et parfois si pénibles.


Quant aux coquillages, on en trouve en quantité de toutes les espèces ; les huîtres seules sont, depuis quelques années, à peu près épuisées : l’abus que l’on a fait de cette pêche et l’impossibilité où, faute de surveillants, se trouve l’administration de la marine d’empêcher la fraude durant la saison prohibée, ont presque entièrement détruit ce coquillage dans le bassin d’Arcachon, qui en possédait autrefois des amas considérables. Il ne reste plus qu’un seul moyen de prévenir sa complète destruction, c’est la défense absolue de cette pêche pendant trois ou quatre années consécutives et la mise à la disposition du Commissaire des Classes d’un personnel suffisant pour faire respecter cette interdiction devenue aujourd’hui d’une nécessité aussi urgente que bien démontrée.


Bains de mer pour les touristes…


Et blanchisseuses en action


Chasse (lucrative) aux canards sauvages

Le bassin d’Arcachon renferme un grand nombre de bancs, appelés crassats, qui se découvrent à chaque marée et sur lesquels se nourrissent, pendant l’hiver, des nuées de canards sauvages, auxquels les habitants du pays livrent une guerre aussi opiniâtre que lucrative.

La principale chasse se fait au moyen de perches de 4 à 5 mètres de longueur, que l’on plante de distance en distance et auxquelles on attache plusieurs centaines de filets de trois mètres de large, sur sept à huit mètres de long. Ces filets sont solidement fixés par les deux bouts aux deux perches les plus voisines ; les côtés latéraux sont bien tendus et le milieu forme une poche dans laquelle s’embarr assent les malheureux canards lorsqu’ils viennent, poussés par la faim, chercher leur pâture sur les crassats que la marée a laissés à découvert.


Les canards, qui ont l’habitude de tournoyer longtemps avant de se poser, ne manquent jamais de se jeter dans les filets, où les premiers pris, loin de faire fuir le reste de la troupe en criant et se débattant, semblent au contraire lui servir d’appeaux et la font souvent succomber tout entière. Le matin de très bonne heure, on vient recueillir les pauvres prisonniers, et on leur tord le col avant que les oiseaux de proie n’aient eu le temps d’en faire leur curée. Cette chasse est en général très abondante : elle rapporte souvent dans une seule nuit plusieurs charretées de canards, dont la vente suffit quelquefois pour payer tous les frais de la campagne.

On tue aussi beaucoup de canards sauvages au fusil ; et cela avec d’autant plus de facilité que l’on n’exige point pour cela de permis de chasse, le Conseil Général de la Gironde ayant considéré, avec raison, le bassin d’Arcachon comme une dépendance de la mer, et l’ayant ainsi affranchi des dispositions de la loi du 3 Mai 1844… »



La suite et l’intégralité des chapitres sont à retrouver dans le livre « Voyage en train entre Bordeaux et le Bassin d’Arcachon » par Oscar Dejean. Paru aux Editions bas du pavé, 184 pages avec de nombreuses illustrations et photos anciennes. 15€. Disponible chez votre libraire autour du Bassin ou en commande.

Pour commander directement chez l’éditeur par internet, c’est ici.

Nous le remercions de nous avoir permis de passer de savoureux moments à la lecture de cet ouvrage authentique…


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