Chroniques d’un Monde gouverné par l’incongru
Humour satirique: Le bal des illusionnistes…
Par Alain Mouginet
7/06/26
Quand des clowns gouvernent le cirque mondial
Je ne sais pas vous, mais moi je dois reconnaître que nous sommes souvent injustes envers nos hommes politiques. Notre système démocratique laisse supposer élire aux responsabilités les meilleurs d’entre nous, ce qui, convenons-en, ne coule pas de source. Et si nous avons, en général, la critique acerbe, elle est essentiellement dirigée vers certains d’entre eux dont les positions sont particulièrement gratinées.
Sandrine Rousseau et le drame existentiel du poireau martyr
A titre d’exemple, et au hasard de l’actualité, j’ai noté la saillie d’une représentante de la République (je tairai son nom par pure charité) qui, dans le maelström actuel que subit la France, propose une loi essentielle afin de changer l’appellation « steak » par « cadavre de viande ».
Dans la même veine, pourquoi ne pas renommer la bouillabaisse « Génocide de poissons »… et ce en prenant également en compte la douleur du poireau que l’on arrache à sa terre nourricière ! Il devient urgent de lui changer son fourrage, car atteindre ce point de nullité est préoccupant.
Donc, mis à part des zozos bien connus, des profiteurs dont la probité laisse à désirer et un troupeau – trop dense à mon goût – de dogmatiques sectaires, nous bénéficions tout de même d’une classe politique de qualité, globalement cultivée et compétente… et dont certains ont même le sens de l’Etat !
Alors, imaginons un instant – tout est possible – être dirigés par quelques spécimens qui font la une de l’actualité.
De Dark Vador à Bibendum
Citons d’abord le satrape du Kremlin, qui nous a prodigué une belle leçon de démocratie lors de sa visite à Pékin. Je cite : « Aux côtés de nos amis chinois, nous défendons la diversité culturelle et civilisationnelle ainsi que le respect du droit des Etats à se développer en toute souveraineté, et nous nous efforçons de bâtir un ordre mondial plus juste et plus démocratique ». Ensuite son ami Louckachenko, bon bougre déplorant la perte cruelle de ses opposants, victimes d’une épidémie de suicides par balles dans le dos.
N’oublions pas le prophète de Tel Aviv, assurant le ménage au pays du Cèdre, dont l’UNICEF note le morbide décompte de 83 enfants tués et 254 blessés dans ses bombardements, et ce, pour la simple semaine dernière.
Enfin, le Bibendum de Pyongyang, grand amateur de bombinette, attentif à la bonne santé de sa population en lui imposant de savoureux menus diététiques.
L’un crie, l’autre médite : le duo de l’apocalypse
… Cette liste serait sans fin, pourtant, il convient d’ajouter un couple atypique dont la devise pourrait être, oser l’absurde, tant la chronique de la Maison Blanche oscille entre téléréalité et prophétie. Voilà un Président qui fait le show, transformant la politique en spectacle permanent. Chaque conférence de presse ressemble à un épisode éliminatoire… sauf que personne ne quitte vraiment la scène. Chez lui, le mensonge n’est pas un accident, c’est un style littéraire.
Certains écrivent des romans, d’autres des essais, lui réinvente la réalité en direct, avec une créativité qui ferait rougir les auteurs de science-fiction. Chaque déclaration est une aventure : est-ce un fait ? Une exagération? Une dimension parallèle ? Et pourtant, avec une constance admirable, il persiste, tel un GPS défectueux qui annonce « vous êtes arrivé à destination » au milieu d’un lac.
Quant à la vulgarité, elle n’est pas chez lui un dérapage, c’est une signature.
Et puis il y a son vice-président, personnage à part, sorte de druide sous caféine, presque mystique dans cette fresque déjà bien chargée. Là où Trump est tempête, Vance donne l’impression d’être oracle, nourri de citations philosophiques et d’une fascination certaine pour les grandes forces invisibles qui guideraient les nations. Il contemple la politique comme un vieux manuscrit ésotérique, cherchant entre deux lignes de budget fédéral un sens caché à l’univers.
Pendant que Trump improvise le présent, Vance médite sur une version alternative du futur. Le duo forme ainsi une étrange alchimie : d’un côté, le tribun qui redéfinit les faits avec aplomb ; de l’autre, le penseur qui semble chercher dans ce chaos une logique supérieure. Une sorte de tandem où l’un crie très fort pendant que l’autre hoche la tête, comme s’il entendait quelque chose que nous, simples mortels, ne percevons pas.
Tout est relatif
Alors finalement, en contemplant ce triste spectacle, nous devrions – pour le moment – être rassurés en paraphrasant Talleyrand : « Quand je regarde nos hommes politiques je me désole, quand je les compare, je me console ».
Alain Mouginet
Retrouvez les anciennes chroniques d’Alain Mouginet, ici
C’est triste de réalité
Votre plume retrace bien ce monde de fou.
Merci, au plaisir de vous lire.
Lionel
Excellente description
Vous vous êtes surpassé bravo
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