Les axes de Rosazza à Andernos et les intercos du Bassin…

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Actu ! Entretien avec Jean-Yves Rosazza pour son nouveau mandat municipal sur Andernos et le point sur les présidences des Intercommunalités.


9/04/26


Les élections municipales sont terminées. Les maires vont se mettre à l’oeuvre pour démarrer leur programme (en principe…).

Nous irons à la rencontre des nouveaux maires du Bassin mais nous leur laissons le temps de s’installer et de prendre leur marque.


En attendant, cap sur Andernos, où Jean-Yves Rosazza poursuit sa route pour un 3ème mandat.

Après une campagne qui l’a opposé à 4 listes, il devra composer au conseil municipal avec 3 listes d’opposition, déterminées à faire entendre leur remarques…


Aujourd’hui, nous le rencontrons pour voir, après les promesses de campagne, ce qui va être entrepris pour la 1er ville du nord Bassin.


Entretien :

IB: Monsieur le maire, bonjour. Pendant la campagne qui vient de s’achever vous avez porté avec votre liste des propositions.


Culture


IB: Envisagez vous une maison des associations ?

JYR: Il n’est pas question d’une maison des associations au sens classique mais d’une maison complémentaire, c’est-à-dire d’un lieu qui viendrait en appui de locaux déjà existants. Aujourd’hui, certaines associations sont très bien installées, ce qui est assez rare dans les communes, mais d’autres le sont beaucoup moins. L’idée n’est pas de déloger celles qui fonctionnent bien, mais d’apporter une solution complémentaire à celles qui sont moins bien loties. Ce ne serait pas un énorme chantier. Il s’agirait plutôt de trouver un lieu, de mutualiser les usages et d’optimiser les espaces pour répondre à plusieurs besoins.


Il pourrait y avoir une création de bâtiment, mais elle reste conditionnée aux capacités financières de la commune. Comme je l’ai dit pendant la campagne, tout dépendra des excédents de fonctionnement que nous pourrons dégager. Par un effet de levier — par exemple la cession d’un bien communal — on pourrait obtenir des ressources permettant de financer cet espace mutualisé.


IB: Pour l’ancien cinéma le Rex, il est prévu qu’il devienne un espace culturel pour accueillir théâtre, musique… Est-ce qu’il aura d’autres fonctions?


JYR: Pour le Rex, dès l’arrêt de son activité cinématographique, on avait toujours dit qu’on lui redonnerait une vocation culturelle dès que ce serait possible financièrement. Il a été convoité par plusieurs projets, notamment de petits promoteurs, mais nous avons fait le choix de ne pas aller dans ce sens. Nous avons refusé ces sollicitations pour préserver une destination culturelle.

Le Rex sera donc une salle supplémentaire pour les Andernosiens, un lieu d’expression artistique pour des acteurs locaux : théâtre, chant, musique.


IB: On parle d’une salle d’environ 200 places ?


JYR: Oui, à peu près. Ce sera une salle modulable, avec une configuration mobile. On pourra adapter l’espace en fonction des usages : scène à l’italienne, en fond ou au centre. Le décor sera volontairement très épuré, presque spartiate, avec des chaises, mais avec une exigence forte sur la qualité technique : son et éclairage. Je ne peux pas encore communiquer les plans. Je souhaite d’abord les présenter à ma nouvelle équipe. C’est prêt, mais pas encore partagé.


IB: Peut-on imaginer des bureaux ou un étage pour les associations ?

JYR: Non, le volume est en réalité assez limité. Ce sera un lieu polyvalent : réunions, spectacles, auditions. Aujourd’hui, par exemple, les auditions de l’école de musique se font dans des conditions peu adaptées. Là, on pourra accueillir des groupes, des enfants, dans un cadre correct. Il y aura des sièges mobiles, du public debout, une certaine souplesse d’usage. J’aime aussi laisser une part d’expérimentation. On verra comment les acteurs locaux s’approprient le lieu. Il pourra y avoir de bonnes surprises.


Logement


IB: Pendant la campagne, vous avez parlé de développement maîtrisé. Pourtant, il y a un décalage entre besoins et offre. Sur deux mandats, environ 1300 logements ont été construits, dont 160 logements sociaux. Malgré cela, le problème reste entier.


JYR : Se loger à Andernos, même en location, est devenu très difficile. Nous avons abaissé le seuil obligatoire pour les logements sociaux à 9 au lieu de 15. Mais cela ne produit aucun effet aujourd’hui, car il n’y a plus de programmes. Depuis trois à quatre ans, les projets sont à l’arrêt. Par exemple, trois programmes prévus à l’angle du maréchal Juin et du boulevard de la République ne se font pas. Aujourd’hui, il n’y a plus de construction, donc plus d’obligation de logements sociaux.


Je crois à un nouveau dispositif de défiscalisation récemment mis en place. Après les dispositifs Périssol, Drobien, Pinel, etc., il faut relancer l’investissement. Le principe est simple : un investisseur bénéficie d’un avantage fiscal en louant à un prix plafonné. Cela permet de loger beaucoup de monde. Sinon, ces investisseurs vont ailleurs, parfois à l’étranger. Ce n’est pas logique économiquement.


Il y a aussi le bail réel solidaire (BRS). Le foncier reste propriété d’un tiers (souvent via un OFS), et l’acquéreur devient quasi-propriétaire du logement. Il peut revendre, mais sous conditions, avec une plus-value limitée. Le vrai problème aujourd’hui, c’est l’absence de promoteurs. Depuis deux ans, ils ont disparu. Or, quand il n’y a plus de promoteurs, ce n’est pas bon pour le territoire.

Andernos n’est pas bétonnée. La verticalité est limitée à certaines zones bien identifiées : boulevard de la République, avenue de Bordeaux. On parle d’une vingtaine d’immeubles par mandat, rien de massif.


Santé


IB: Le désert médical est une préoccupation majeure. Une maison médicale est-elle envisagée ?


C’est ma priorité. Je ne connais personne à Andernos qui ne soit pas concerné. Mon épouse, par exemple, a perdu son médecin qui part à la retraite. Elle n’a plus de suivi. Cela fait deux ans que nous cherchons des solutions. Le modèle classique du médecin libéral évolue. Les jeunes médecins recherchent une meilleure qualité de vie.


Nous étudions des solutions où des médecins salariés, souvent anciens urgentistes, viendraient exercer pour des périodes de 2 à 5 ans, avec organisation des gardes. La commune est prête à aider pour les locaux, mais pas à salarier directement les médecins. Je considère que le rôle des collectivités est d’offrir un cadre solide : éducation, sécurité, santé, environnement. Ensuite, chacun doit construire son parcours.


Sécurité 


IB: Vous souhaitez renforcer la sécurité avec plus de caméras de surveillance en ville. Combien ?


JYR: Nous avons actuellement 56 caméras et souhaitons doubler ce nombre progressivement dans un plan pluriannuel. Il y a plusieurs types de caméras : celles qui rassurent, celles qui dissuadent et celles qui permettent d’enquêter. Elles ont déjà permis d’élucider des délits, notamment dans les ports et la zone artisanale.

Elles sont gérées par la police municipale. Il n’y a pas de surveillance permanente, mais une capacité d’intervention rapide. Des évolutions avec des outils algorithmiques sont possibles à l’avenir.


IB: La sécurité inclut aussi la circulation…

JYR: Nous avons mis en place la limitation à 30 km/h sur toute la ville. La vitesse moyenne a baissé de 8 km/h. On ne roule pas strictement à 30, mais cela a calmé les comportements. Les dos d’âne, eux, seront sans doute revus là où cela se justifiera. Il y avait trop de demandes et cela devenait ingérable.


Jeunesse et emploi


IB: Comment créer de l’emploi pour les jeunes et les actifs?

JYR: Une municipalité ne crée pas directement de l’emploi. Elle peut créer un environnement favorable. Cela passe par l’attractivité, les animations, la qualité de vie, la sécurité. Aujourd’hui, nous avons 147 demandes pour la zone artisanale pour seulement 9 terrains disponibles. Nous sommes limités par l’enveloppe urbaine. Nous soutenons les commerçants dans leurs initiatives, notamment lorsqu’ils se regroupent pour organiser des animations. Le plan jeunesse repose sur l’excellence dans les écoles, le sport et la culture. Faire venir une multinationale ou promettre des emplois serait démagogique. Ce n’est pas à ce niveau que cela se décide.


Intercommunalités COBAN et SIBA


IB: Êtes-vous candidat à la présidence de la COBAN ou du SIBA?

JYR: Non. Je ne suis candidat à rien. Je l’ai déjà exprimé clairement, notamment lors de mon installation après l’élection. Je suis maire d’Andernos, c’est mon ADN, c’est ce qui m’intéresse et c’est là que je veux être utile.

On m’a proposé plusieurs fonctions par le passé : le SIBA, le conseil départemental, le parc marin… On me sollicite régulièrement, mais j’ai toujours refusé. Je suis indépendant, je ne suis inféodé à rien, je n’attends rien et je ne crains rien. Comme je le dis souvent, je décide de ma vie.


IB : Quel sera le fonctionnement de la COBAN pour ce nouveau mandat ?


JYR: Très sincèrement, personne n’a envie de revivre le mandat précédent tel qu’il s’est déroulé. Il y a eu des tensions, des difficultés de fonctionnement. J’espère qu’il y aura désormais une volonté partagée de construire des projets communs, utiles à l’ensemble du territoire, et non pas de chercher chacun à récupérer quelque chose pour sa propre commune. Nous sommes huit communes, nous devons être capables de travailler ensemble et de trouver des consensus.


Pour moi, il doit y avoir une gouvernance claire, avec un président qui exerce pleinement ses fonctions. L’idée d’une cohabitation ou d’un contre-pouvoir interne permanent n’a pas de sens à cette échelle. Si on n’est pas capables de s’entendre à huit, il y a un problème. Il y aura donc un nouveau vote, avec un président dont les responsabilités seront clairement établies, et c’est indispensable pour avancer efficacement.


IB: Comment voyez-vous l’avenir du SIBA ?


JYR: Aujourd’hui, le SIBA a une double fonction : d’un côté, la gestion technique des réseaux, de l’assainissement, de tout ce qui concerne les “tuyaux”, et de l’autre, la promotion touristique du territoire. Pour moi, cette situation est incohérente, voire schizophrénique. On ne peut pas être à la fois dans une logique technique, parfois confrontée à des problématiques sensibles comme la qualité de l’eau, et en même temps dans une logique de communication touristique.

Même si historiquement cela s’explique (à l’époque, il y avait un besoin commun d’aménagement du bassin et une volonté de structurer le tourisme) aujourd’hui, cela ne me paraît plus adapté.

Je pense qu’il faut dissocier clairement les deux missions.


Le SIBA doit redevenir un syndicat technique, avec des élus impliqués sur ces sujets précis et des techniciens auxquels on redonne toute leur place et la primauté de leur action. C’est un outil de grande qualité, avec des compétences reconnues, et il faut le recentrer sur cela.

Le tourisme, lui, doit être géré autrement, par des structures dédiées. À terme, on peut même imaginer une organisation plus cohérente, avec des services regroupés, par exemple à Biganos, au plus près des installations techniques. Cela renforcerait la lisibilité et l’efficacité du dispositif. Cela ne veut pas dire abandonner le tourisme, qui a été parfois bien mené, mais simplement clarifier les rôles pour gagner en crédibilité et en efficacité.


IB: Concernant le SIBA, une éventuelle réélection de M. Foulon après son altercation avec M. Baude parait-elle possible ?

Je n’en sais rien. Je ne connais pas ses intentions. Je ne sais même pas s’il souhaite se représenter…


A suivre…


Un point d’étape, concernant les intercommunalités


Les élus du Bassin d’Arcachon doivent voter pour les présidences des intercommunalités.

Pour la Cobas, c’est fait. Thierry Gouaichault, maire de La Teste de Buch, vient d’être élu Président pour le Sud Bassin.

Pour la Coban, et le SIBA, les tractations sont en cours. Yves Foulon aura du mal après l’épisode violent avec Vital Baude à retrouver les voix de ses pairs pour la présidence du SIBA.

Quant à la Coban, rien n’est tranché à ce jour…


A suivre aussi…



  Michel Lenoir


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