Humour : Une Night à la Fashion week…
Chronique d’un abus de langage: Quand la langue française fait un burn-out en open space…
Par Oncle François
Pas question de le boycotter : j’avais été dans le timing pour voir le show et le shooting : le parking éloigné m’avait obligé de faire un footing, mais mon training et mes séances de fitness avaient été utiles.
Le marketing manager, qui travaillait en freelance, m’attendait dans le hall pour un briefing, et nous avons fait un selfie pour marquer le moment, en espérant qu’il fasse le buzz, et qu’il ne resterait pas dans le cloud : on est toujours à la merci d’un bug et que son post finisse dans les spams.
Son email, avait été précis, il ne fallait pas que je rate le challenge du nouveau DJ star, avec deadline 20h30. J’avais laissé mes teenagers à la baby-sitter, et j’étais relax.
Après le hug et le check de rigueur pour ses followers, sur hashtag “the coach”, il m’a félicité pour mon look : dans mon dressing, loin du smoking, j’avais choisi un t-shirt un peu vintage, super flashy : c’est le boss d’une start-up de tuning de supercars qui me l’avait procuré. J’étais cool, et l’idée de faire un shopping après le défilé me réjouissait.
J’étais pourtant en plein meeting avec mon community manager, quand l’alarme de mon smartphone avait bipée. Le big-boss m’avait alors demandé : « Tu veux switcher la date du call pour assister au workshop ? » J’avais répondu que j’étais juste obligé de faire un break dans mon job pour être présent au show, mais que ce stand-by aurait peu d’impact sur mon business, pas de quoi en faire un burn-out.
Le show avait commencé par un flash mob, et les tops models ambiançaient le dance floor sur les hits du moment, mais aussi du disco, du rap, du rythm’&blues, de la soul et du rock. Pas de playback, que du live.
J’avais flashé sur ma voisine qui avait respecté le dress code : un pull et un short. Mais difficile de matcher, trop hard : son boy-friend était trader, et son hobby, le polo. Il m’aurait fallu faire un looping pour l’éblouir, et manifestement, je ne rentrais pas dans le casting. Je ne rentrais pas dans sa life style. Pourtant j’aurais liké avoir un flirt avec elle.
À la fin du set, j’avais un peu faim et, sur le roof top, au snack, j’avais le choix entre un sandwich, un barbecue, un brunch ou plus simplement de la fast food. J’optais pour un burger avec des french fries, un donut et un cookie, et demandé au barman un cocktail gin tonic, puis un autre, back to back. Nous avons toasté.
Mais il était tard et j’ai décliné l’after, prévu dans le showroom : j’ai filé à l’anglaise. Prudent, après les drinks, j’ai laissé la Mini, et je suis rentré en tramway (pas en sleeping), dans mon loft design. J’ai déchaussé mes snickers, enlevé mon boxer, un petit coup d’aftershave, et… dodo.
Bon, on a emprunté quelques mots à la langue anglaise. Mais eux aussi ont fait pareil : depuis leur célèbre devise “Honni soit qui mal y pense” à “déjà vu”, en passant par “avant-garde”, “rendez-vous”, en fait, assez peu.
Ah, j’allais oublier “cul-de-sac” ! Tout un symbole !
Oncle François
Retrouvez les anciennes chroniques d’Oncle François parues sur InfoBassin dans son ouvrage « Faux divers » (voir ici)
Très édifiant !
Décadence de la langue française et utilisation abusive de mots anglo-saxons dont la plupart ne connaissent même pas le sens. Excellent.
Resucée
Déjà écrit vingt fois.


