Chronique d’une Histoire d’essence…
Quand le détroit d’Ormuz se ferme, l’histoire bégaie…
24/03/26
La fermeture du détroit d’Ormuz qui entraîne une augmentation du prix des énergies, et notemment de l’essence, liée à une restriction des importations du pétrole incite à se retourner vers les crises énergétiques du passé, notamment celle de fin 1973. L’histoire bégaie souvent…
Par Patrice Verges, journaliste, romancier
Le 6 octobre 1973 ne fut pas un 6 octobre comme les autres. Il marqua le début de la guerre surprise entre Israël et l’Égypte le jour de la fête religieuse juive du Yom Kippour. On n’imaginait pas que cette guerre éclair qui dura seulement trois semaines allait entraîner des mesures de rétorsion sur la livraison du pétrole. De toute façon, sur les radios françaises encore sur ondes longues, on en parla ce jour là beaucoup moins que de la tragique disparition du pilote français François Cevert mortellement accidenté aux essais du Grand Prix des États-Unis.
2,5 dollars le baril !
En 1973, le prix du super carburant était environ de 1,20 f le litre. Un prix qui n’avait pas beaucoup augmenté depuis le début des années 60 suite à la fermeture du canal de Suez fin 1956.
Dans les semaines qui suivirent, les pays producteurs de pétrole réunis sous le nom de l’OPEP décidaient d’appliquer un embargo sur le pétrole à l’égard des pays ayant montré quelques sympathies avec Israël notamment les USA et aussi l’Europe.
Prétexte qui masquait leur insatisfaction grandissante de la baisse de leurs revenus due au dollar décidé par le gouvernement Nixon. Parallèlement, pour justifier la réduction des livraisons, ils doublaient aussi le prix du baril qui grimpait de 2,5 à 5 dollars. Quelques semaines après comme cadeau de Noël, ils redoublaient encore le prix du baril à plus 11 dollars ! (100 dollars en 2026)
La télévision coupée dès 23 heures !
Il fallait économiser l’énergie ! Certains pays comme la Hollande et la Belgique interdirent la circulation le week-end. La France préféra limiter « provisoirement » la vitesse à 90 sur les routes et 120 sur autoroute, supprimer le sport automobile avec d’autres mesures visant à réduire la consommation d’énergie (télévision, éclairage public interdits après 23 heures, chauffage réduit à 18 degrés).
Ce qui devait arriver arriva ; une brutale chute de notre économie liée à l’inflation des prix. En quelques semaines le quadruplement du prix du pétrole entraîna une augmentation de toutes les matières premières qui en étaient issues.
Le prix du super carburant qui grimpa de 1,25 le litre à 1,75 francs soit 40% généra une augmentation du prix des transports mais aussi du gaz et de l’électricité, du ciment et dérivés. Dans l’année le nombre de chômeurs grimpa de 400 000 à 800 000 tandis que l’inflation explosa à 14%.
C’était le début de ce qu’on appela « la crise »!
Limitation (provisoire) de la vitesse
Bien entendu, l’automobile fut la première touchée avec une chute des ventes de 25% les premiers mois et le chômage technique. Le climat économique maussade et la cherté de ses coûts générant une circulation réduite entraîna une chute du nombre des accidents sur les routes. Du jamais vu ! En 1973, plus de 16 000 personnes avaient trouvé la mort sur les routes.
Un chiffre effrayant qui n’avait fait que croître ces dernières années malgré les mesures prises de limitation déjà prises par le gouvernement.
Inutile de dire que la restriction de livraisons de pétrole fut le prétexte attendu pour limiter la vitesse à laquelle n’était pas trop favorable Georges Pompidou déjà bien malade et que lui imposa son Premier ministre Messmer.
En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées
Interdire la compétition qui consommait 0,01% de la consommation était une mesure stupide fut qui heureusement abrogée quelques mois plus tard. Ce ne fut pas le cas de la limitation de vitesse qui perdura après bien des tergiversations puisqu’elle grimpa de nouveau à 140 sur autoroute pour redescendre à 130 fin 1974 quand le pétrole coula de nouveau sans embargo à des prix qui allaient continuer à grimper.
« En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées » martelait une publicité à la télévision désormais en couleur incitant les Français à économiser l’énergie que l’on croyait inépuisable.
L’automobile mot du temps pour sortir de cette crise du pétrole qui succédait à celle de 1956 avec la fermeture du canal de Suez avant celle de 1979 donnant un 3eme choc pétrolier
Le moteur à eau, c’était bidon
En 1974, en pleine crise du pétrole, Jean Chambrin et Jack Jojon, deux garagistes rouennais prétendaient avoir inventé le moteur à eau. Un vieux serpent de mer qui séduisit les gogos venus nombreux dans le petit garage. Les deux hommes prétendaient dissocier les molécules d’hydrogène et d’oxygène composant l’eau à partir d’une mystérieuse boite noire. Pour ce faire, ils injectaient de l’alcool dans le moteur. En fait, il s’agissait surtout d’un moteur à alcool dans lequel on injectait de l’eau. Une invention aussi vieille que l’automobile !
Au bout d’un an, l’UTAC put enfin essayer une R16 équipée de ce fameux procédé. Elle pointa péniblement à 96 km/h en avalant goulûment 35 litres aux 100 de mélange eau /alcool ! Si Chambrin et Jojon étaient de faux inventeurs, c’étaient en revanche de vrais escrocs ! Jojon ne s’arrêta pas là en se faisant passer cette fois pour un faux général. Mais c’est une autre histoire….
Et si vous êtes interessés par l’histoire de l’exploitation pétrolière sur le Bassin, vous pouvez aller jeter un oeil sur cet article de notre partenaire Tv CapFerret….
Clap de Fin annoncé pour le Pétrole sur le Bassin d’Arcachon
Patrice Vergès, Journaliste (page FB ici), auteur de romans ( Monte-Cristo, Sexa , Sale temps sur le bassin , et d’autres) et de livres de prestige sur les voitures anciennes ou sportives à retrouver ici.
Du pétrole français
En voyant les difficultés à utiliser du pétrole en provenance de pays soumis à des voisins dangereux, on devrait développer les petites capacités d’extraire du pétrole existantes en France plutôt que de les supprimer. La société Vermillon a montré qu’on pouvait le faire proprement, contrairement à ce que prétendent des « écologistes » gros consommateurs d’énergie provenant de l’étranger comme la fabrication et le transport des éoliennes.










