Chronique des petites élections matinales…

Slide
previous arrow
next arrow

Humour satirique : La foire aux écharpes tricolores… Le grand cirque républicain revient en ville!

Par Alain Mouginet, ancien éditeur, demeurant sur le Bassin.


10/02/26



Je ne sais pas vous, mais moi je suis friand de ce petit miracle républicain que sont les élections municipales, moment fort, sport de combat pratiqué avec le sourire, la poignée de main ferme et la promesse recyclée. Tous les six ans, nos mairies se transforment en arènes locales où plusieurs espèces de candidats se disputent le territoire. Sur scène, les mêmes personnages, légèrement plus ridés, parfois repeints, mais toujours fidèles à leur rôle :


Celui qui s’accroche telle la bernique à son rocher

On le reconnait facilement : il ne se représente pas, il continue et revient défendre son bien. L’écharpe tricolore fait désormais partie de son anatomie, entre la clavicule et le service public. Son fauteuil de maire n’est pas un siège, c’est le prolongement de son bassin. On le voit partout embrasser les mémés avec gourmandise et expliquer la main sur le cœur « Qu’il n’avait pas prévu… qu’il voulait raccrocher » mais que son entourage et les habitants « l’ont supplié ». Etrangement, ces derniers ne sont jamais identifiés.


De toute manière, abandonner s’assimilerait à une défaite en rase campagne, laissant à l’ennemi nombre de présidences et vice-présidences, dans la foultitude de communautés et associations diverses qui font le sel – et le mille-feuilles – de la vie communale. Il va donc incarner le changement… dans la continuité… de ce qu’il proposait déjà voilà bien des décennies. Son programme tient en une phrase : « Vous me connaissez ! On a encore des projets ». Comprendre « ne touchez à rien, je sais où sont les clés ! »… Et c’est bien là le problème !


Celui qui jette l’éponge… Mais pas trop loin

Officiellement il se retire, officieusement il se multiplie. Il ne sera pas candidat, mais adoube son ancien adjoint, son cousin politique ou son clone idéologique. On appelle cela « passer le relais », même si ce relais est attaché avec une solide corde. Pendant la campagne, l’ex apparait partout : réunions, tracts, affiches, sourires appuyés. Bien sûr, il ne gouvernera pas, il inspirera. Une sorte de Gandhi du rond-point et du Plan Local d’Urbanisme.


Celui qui veut détrôner le système

Lui arrive les yeux brillants avec une plaquette programme du plus bel effet graphique – que personne ne lira – et l’illusion intacte que « les gens veulent du changement ». Il promet donc « Un changement radical ». Radical mais rassurant, car il s’agit de « réinventer la ville, remettre l’humain au cœur du projet, apaiser les mobilités et libérer les énergies locales ». Personne n’en comprend le sens, mais cela sonne bien sur un tract qui dénonce également des « années d’immobilisme ». Lors des réunions il parle de transparence, de démocratie participative et de pistes cyclables là où il n’y a même pas de trottoirs. Il en est persuadé « C’est jouable »… Et parfois, miracle républicain, ça l’est !


Celui qui ne fait qu’un tour de piste

Il sait qu’il ne sera pas élu ; il est là pour les idées, pour exister, pour « faire entendre une voix », un peu comme un coureur qui salue le public avant d’abandonner au premier virage. Il fait campagne avec une liberté totale, pas besoin de gagner, mais promettre la gratuité des transports, la fin du béton et un poulailler municipal par habitant. Il peut dire la vérité, proposer l’impossible et sourire sincèrement. Son score final a peu d’importance par rapport à l’immense satisfaction morale et sa photo dans le journal local. C’est un poète des municipales, un figurant magnifique de la démocratie locale.


Les électeurs résignés contemplent ce spectacle avec tendresse et fatigue. Ils reconnaissent les affiches, comparent les sourires Photoshop et se demandent pourquoi tout le monde promet de « redynamiser le centre-ville ». Certains d’entre eux ne manqueront sous aucun prétexte les réunions d’informations comportant un verre de l’amitié, accompagné de la traditionnelle galette.

Au final, le jour du vote arrive, les promesses s’empilent, les bulletins se froissent et l’abstention gagne par KO technique. Puis la ville se réveille le lendemain, inchangée, mais pleine d’espoir, prête à croire – encore une fois – que cette équipe-là va vraiment tout transformer.

Rendez-vous dans six ans, nouveaux slogans mais même saison, même casting et mêmes trottoirs défoncés.


PS – Par simplicité, et afin de ne pas alourdir ce texte, je n’ai présenté que des spécimens masculins. N’y voyez aucune discrimination de ma part. Je vous laisse bien sûr toute latitude pour y substituer le genre – ou l’absence de genre – qui vous convient. Notez bien sûr que toute ressemblance avec des personnages existants serait purement fortuite…


Alain Mouginet


Retrouvez les anciennes chroniques d’Alain Mouginet, ici


Téléchargez notre application gratuite, et recevez nos infos directement, en cliquant sur les icônes !


Abonnez-vous par mail à InfoBassin, c’est gratuit !

Pour recevoir tous les articles d'InfoBassin...

Nous ne spammons pas !


Parfait le programme

10 février 2026

Cela me fait penser au candidat d’Issy les Moulineaux, André Santini qui a 85 ans annonce sa candidature pour se succéder pour la 8ème fois.

Belle longévité politique !!!

Aboubacar-Lorenzo

Abonnez-vous par mail à InfoBassin, c’est gratuit !

Pour recevoir tous les articles d'InfoBassin...

Nous ne spammons pas !