Après les attentats, le Bassin sous l’onde de choc. Palpable, concrète…
Le coup de plume du week-end
Un rassemblement citoyen et des mots de lycéens pour dire : Debout !
L’onde de choc est toujours palpable, l’émotion vraie …
Près de 500 personnes, des hommes, des femmes et des enfants se sont retrouvés, sans tapage, ni ostentation devant la jetée jeudi 19 à la nuit tombée, à Andernos. Dans la fraicheur du soir, des bougies ont tracé un mot au sol : AGIR.
AGIR, Parce que les « Pray for Paris » qu’on voit partout sur le Web, ne seront pas suffisants pour vaincre Daesh, coté obscur de la force, fossoyeurs de libertés.
AGIR, c’est un message clair envoyé aux élus et aux décideurs, pour trouver une issue à un conflit aux ressorts complexes.
AGIR, Parce que même après le vote de la prolongation de l’état d’urgence, même en frappant l’Etat Islamique sur ses bases en Syrie, d’autres actions restent à mener pour asphyxier cette organisation terroriste dans ses fondements, en tordant un peu le bras aux Etats du Moyen Orient et d’autres structures qui lui apportent leur soutien.
AGIR, Parce que même en tuant des combattants sous influence doctrinale, d’autres prendront la relève, comme un cauchemar sans fin.
AGIR, Parce que tous ces gens réunis, ici ou ailleurs, ne veulent pas d’une guerre de cent ans.
Les enfants surtout.
Quand les lycéens mettent des mots sur les maux …
Au Lycée Nord Bassin, une professeur de français a écouté, entendu ses élèves. Et les a incité à mettre des Mots sur les Maux.
Ils ont parlé, parlé, discuté puis écrit. Un poème.
InfoBassin vous livre dans son intégralité ce texte simple, pur. Sans arrière pensée. Juste un cri de douleur, de colère, et une forte détermination.
Il est un peu long, mais écouter ce que nos enfants ont dans le cœur, n’est jamais un instant perdu.
L’hiver est là, ce week-end, froid. Et ça réchauffe l’âme de lire « Nous porterons haut le Savoir et la Raison, inextinguibles flambeaux qui nous éclairent et nous guident ».
Vive la jeunesse …
D’OMBRES ET DE LUMIERES
Poème écrit par les classes 107, 109 et 201 du Lycée Nord Bassin avec la collaboration de leur professeur de français, F. Dumas-Castets
« 129 morts, plus de 350 blessés, et 66 millions de Français touchés
Des tirs, des éclats, le tonnerre…Peut-on décrire l’indescriptible ?
Tous ces cris, ces bombes et ces pleurs…
Pourquoi n’y-a-t-il soudain plus de lumière ?
Est-ce parce que c’est le soir, ou parce qu’on l’a éteinte, sans plus d’égards ?
Une information qui tombe, l’attente au creux du ventre, l’incompréhension. Pourquoi ?
C’était son anniversaire. Il ne savait pas que ce serait le dernier.
Ils voulaient juste passer un bon vendredi soir, se détendre, rire, aller danser peut être…
Ils se sont trouvés morts, sur le trottoir.
Des tirs, des cris, du sang, un corps…puis un autre…Où es-tu ?
Ces bruits, multiples, assourdissants, qui traversent la nuit comme des échos.
Frissons d’horreur. Crainte d’avoir perdu quelqu’un, à jamais.
Et ces téléphones, qui sonnent, encore et encore dans leurs poches. Et le silence ensuite.
Folie malsaine d’infâmes meurtriers, peur incommensurable, redoutable haine.
Les pleurs, la peur, les sanglots, l’angoisse se mélangent en un râle qui violente la nuit.
Sous les coups, tels des éclairs déchirant le ciel, Paris a crié de douleur.
La Tour Eiffel s’est évanouie.
Le monde, lui, a chanté à l’unisson pour apaiser ses pleurs.
A l’aube de ce jour obscur, les cris de détresse, stridents, vibrants, retentissent ;
Le son des balles résonne dans nos têtes, les blessures de l’esprit, elles, seront-elles jamais guéries ?
Ils ont attaqué, s’en sont pris à nos valeurs, fondamentales, à nos bonheurs de l’ordinaire :
Le partage, la joie, la liberté de boire un café, de se laisser transporter par la musique.
Violence, brutalité, férocité sont-elles vitales à l’Homme ?
Les coups de feu sont partis et la paix les a suivis…
Restent tous ces pourquoi de la bouche des enfants.
Quelle tragédie : les religions ont été créées pour se rassurer vis-à-vis de la mort,
Et aujourd’hui elles servent de prétextes pour la donner.
En tuant ils ont perdu leurs â(r)mes.
Oui nous craignons aujourd’hui ce qui se passera demain,
Se pourrait-il qu’il y ait de pires horreurs qu’hier ?
Devons-nous craindre ces lendemains ?
NON
Nous sommes demain et demain n’est pas mort.
Nous sommes l’avenir, et si nous ne pouvons avancer
Empêchons-nous de reculer !
Nous nous relèverons car nous portons l’espoir,
Cet espoir dont l’éclat si intense les rendra aveugles.
Voilà : de l’espoir pour ceux qui broient du noir, parce qu’il y a une lumière en chacun d’entre nous.
Les étincelles de leurs armes ont finalement agi comme des déclencheurs :
Liberté ! Egalité ! Fraternité !
Les lumières de Paris se sont éteintes un instant,
Alors toutes les lumières du monde les ont relayées pour nous éclairer.
Elles se sont parées de bleu, de blanc, de rouge.
Paris s’est à nouveau illuminée.
Indignes de toute religion, ils ont couché des hommes, voulu instaurer la peur, la haine aussi
Mais il nous reste la foi.
Après ce présent noir et tumultueux
S’imposera, intact, l’Espoir éclatant.
Ces messagers de la mort n’ont pas éteint le soleil en chacun de nous.
Ils ont attisé ces flammes qui brûlent à présent d’une puissance sans précédent,
Et qui ne cesseront pas de briller tant que le monde ne sera pas ébloui par la clarté pacifique.
Paris, tel un Phoenix, renaîtra de ses cendres dans un rayon de lumière.
Comme la Terre, ou le Soleil, une lumière qui s’éteint en allume une autre, inexorablement.
Une bougie allume l’autre, esquisse d’un tapis enflammé pour nous apaiser,
Tel une chaine d’union et de fraternité, indéfectible.
Nous avons désormais le courage de nous battre pour la lumière et la liberté,
Vous n’y pourrez rien : l’Espoir est immortel.
Nous porterons haut le Savoir et la Raison, inextinguibles flambeaux qui nous éclairent et nous guident.
Leurs armes sont faites de plomb, la notre est l’union.
Union ! Entraide ! Solidarité !
Contre les bombes qu’éclate un formidable tonnerre d’espoir.
Ce combat n’est pas nouveau, ce combat n’est pas le dernier.
Allons, enfants, enflammons-nous !
Tous unis, elles, eux, vous et nous, nous saurons vaincre la barbarie.
Nous préférons mourir debout et libres plutôt que « vivre » indéfiniment à genoux, dans la peur et le regret.
Et nous préférons croire en l’Homme qu’à la fin de notre monde.
Un soir s’est éteint, une aube renaissante et éclatante l’a supplanté.
Nous profiterons dans la joie de chaque jour de notre vie et ferons comme s’il s’agissait du dernier.
Quand nous serons à la terrasse d’un café, voilà ce que nous craindrons :
La pluie, les guêpes ou les araignées, un serveur trop pressé, notre expresso renversé,
Mais SUREMENT PAS LE TERRORISME.
Nous nous relèverons plus forts que jamais.
Debout ! Debout ! Debout ! »
Et bon dimanche… quand même.
Michel Lenoir / Photos de Clément Viala (merci Clément)
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