Edito : A Gujan, la maire va acheter des flingues…

L’Oeil au Beurre de Lenoir : Après les élections, les policiers municipaux de Gujan pourraient bien provoquer des trous de balles…


20/10/19


Ce qu’on aime en période électorale, c’est que les maires sortants ne manquent pas d’idées pour promettre à leurs administrés des lendemains radieux.

Ainsi, à Gujan-Mestras, Marie-Hélène Des Esgaulx, décidément très en forme, a informé jeudi les élus du conseil municipal d’un marché de la ville « pour l’acquisition de pistolets semi-automatiques et munitions pour la police municipale ».

Diantre ! Serait ce donc Règlement de comptes à OK Corral ? Voudrait-elle estourbir ses rivaux?


MHDE, pour la défense

affiche police municipale

Affiche à Béziers en 2015

Ancienne membre de la Commission de la Défense nationale au Sénat, et pour qui rien de ce qui concerne ce domaine n’est étranger, la maire-candidate va mettre en porte à feux (pardon, en porte à faux) ses challengers sur le thème de la sécurité.


Devant l’opposition qui roumègue et trouve l’annonce un peu sèche, elle promet, finaude, un débat sur le sujet… si elle est réélue.


Et précise « il s’agit à ce stade de former les agents municipaux et il faut pour cela acheter des armes. Après cette formation, nous verrons si les agents municipaux sont armés et lesquels. »


C’est évident. Une fois les armes achetées, elles vont restés bien rangées dans des racks sécurisés si la PM ne sait pas s’en servir… Ou seront peut-être revendues ? Les amateurs de clubs de tir vont apprécier.


La formation des futurs pistoleros

Pendant six mois, pour porter une arme à feu, le policier municipal acquiert une culture de son métier au CNFPT (centre national de la fonction publique territoriale), présidé par… François Deluga, maire du Teich.

Il pourra rendre compte à sa voisine de l’évolution de leur formation au tir sur cible…


Les modalités de port d’arme

pistolet bang« Les agents de police municipale peuvent être autorisés nominativement par le préfet de département, sur demande motivée du maire à porter une arme, sous réserve de l’existence d’une convention de coordination des interventions avec les forces de sécurité de l’Etat  » (art. L.512-4 du CSI et suivants). Ca vaut mieux, en effet.


Les catégories d’arme

Déjà armés de matraque, tonfa, menottes et grenades lacrymogènes, les policiers municipaux pourront ajouter un bel étui porte-flingue avec des armes à feux de catégorie 4 à leur panoplie. Enfin, pas tous. En général, dans les villes déjà armées, une partie des agents seulement est équipée. De quoi faire des jaloux…


Les conditions d’usage de l’arme à feu (art. 122-5 du Code pénal et R515-9 du CSI « la légitime défense » )

Les textes prévoient que

-La nécessité absolue et l’usage de manière strictement proportionnée sont des circonstances cumulatives.

-L’attaque doit être actuelle (danger imminent), injustifiée (interdite), réelle (non putative), et la riposte doit être nécessaire (aucun autre moyen pour se soustraire de l’agression), simultanée (immédiate, pas d’acte de vengeance), proportionnée à l’agression (pas d’excès de riposte).

l’usage n’est possible que dans l’exercice de leurs fonctions et revêtus des uniformes.

Ca va mieux en le spécifiant.


Le Bassin, comme au Far-west ?

police municipale 1L’affaire est d’importance car elle va donner des idées aux autres maires autour du Bassin.

« Si t’as pas ton shériff armé, t’as raté ton mandat ! » va-t-on entendre entre élus aux réunions d’intercommunalités, rappelant la célèbre formule d’un fils de pub.


Entre ça et la vidéo-surveillance, de plus en plus présente dans nos villes, les malfrats n’ont qu’à bien se tenir…

A suivre !


portrait Michel


Michel Lenoir

Directeur de publication

(Source textes réglementaires SDPM)





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