Méthanisation en Nouvelle Aquitaine : Ca gaze !

Méthanisation : Une nouvelle usine à Hourtin et d’autres projets énergétiques sur le Bassin


25/09/17


Sera-ce l’avenir ?

La décomposition des déchets organiques provoque du méthane. Les habitants d’Audenge, autour de l’ancienne décharge, et les élèves du collège s’en souviennent encore, avant qu’elle ne soit (partiellement) traitée. Odeur insupportable, la gorge qui gratte et les yeux qui piquent…

Ce gaz est hautement responsable dans l’effet de serre, 60 % des émissions sont liées aux activités humaines, notamment l’élevage et l’agriculture. Mais c’est aussi un combustible à fort potentiel.


La méthanisation, levier de la transition énergétique et de l’économie décarbonée

usine methanisation

Usine Lulimetha à Bords (17)

La maitrise de la valorisation des déchets organiques permet à la fois de produire un hydrocarbure naturel et contribue aux objectifs en faveur de la transition énergétique (développement des énergies renouvelables, réduction des gaz à effet de serre, etc).

Elle constitue par ailleurs l’un des leviers qui permet d’aboutir à une économie décarbonée.


Une usine à Hourtin

Première région agricole de France, la Nouvelle-aquitaine constitue un territoire à fort potentiel pour la méthanisation. On y compte déjà 51 installations en service, et plus d’une centaine de projets.

Une nouvelle usine a été inaugurée la semaine dernière à Hourtin par Medoc Energies (Route de Pauillac) et à Bords (17) par Lulimetha.


methanisation carte etat des lieux

Cette société, porteuse du projet de méthanisation, est composée de 3 sociétés civiles d’exploitation agricole : la SCEA Domaine de Saint-Jean (40%), la SCEA Domaine de Lagunan (20%) et la SCEA Saveurs et légumes (40%)


L’installation, d’une puissance de 1415 kWé, vise à mieux valoriser les effluents et sous-produits végétaux des exploitations agricoles, diversifier les activités, produire de l’énergie renouvelable ainsi que de l’engrais à l’échelle locale.

Elle évite 4213 Teq CO2/an, et permet de créer 2 postes (équivalent temps plein) et d’en pérenniser 4, pour l’exploitation du site.


L’approvisionnement s’élève à 45500 tonnes par an : résidus de cultures végétales (62%), effluents d’élevage (20%), déchets agro-industriels (14%) et résidus de cultures maraichères (4%).

La valorisation énergétique s’effectue par cogénération, et l’énergie thermique est valorisée pour le process de méthanisation (24%) et le séchage de digestat (76%).


Le digestat brut subit une séparation de phases, la phase liquide est épandue sur les terres des exploitations, et la phase solide (séchée) est compostée pour être commercialisée.



Un bémol dans la partition : L’impact environnemental

Des voix s’élèvent en France contre l’implantation de ces projets. Arguments à l’appui, elles expliquent que si l’affaire est bénéfique au plan économique pour les promoteurs, son impact environnemental est sous-évalué et potentiellement dangereux pour la santé (Voir ici).


Car l’impact de son utilisation sur les nappes phréatiques et les plans d’eau à moyen-long terme n’est pas connu.

Dans l’immédiat, la problématique de la rotation des camions pour alimenter l’usine et les fuites de méthane inquiète les détracteurs qui soulignent aussi quelques curiosités : Du miel bleu et vert produit par des abeilles à cause d’une usine de méthanisation, c’est très joli sans doute, mais ça pose question…


Plus d’infos sur la méthanisation expliquée par l’ADEME, ici



Des projets sur le Bassin…

dossier demande exploiter DalkiaDes usines de valorisation des déchets organiques sont lancées ou à l’étude sur le Bassin (Voir carte ci dessus).


Une usine de cogénération à BIganos

Par ailleurs, à Biganos, Cogestar3, filiale de Dalkia, envisage de mettre en service sur le site de Smurfit Kappa-Cellulose du pin, une installation de cogénération qui vise deux objectifs : assurer les besoins en vapeur aux meilleures conditions économiques, et offrir une sécurisation de l’approvisionnement en vapeur. Actuellement l’usine Smurfit est alimentée en vapeur par une installation biomasse appartenant à Dalkia.


demande projet cogenerateur biganos carteL’installation comprendra un turbo alternateur et une chaudière de récupération, l’ensemble consommant 35MPW PCI de gaz naturel. Elle sera implantée sur une parcelle de 1000m2 disponible sur le site de la papeterie, qui sera cédée à Cogestar3, maitre d’ouvrage et exploitant de l’unité de cogénération.

Les unités de cogénération fonctionnant de novembre à mars, Cogestar3 souhaite mettre en service l’unité en fin d’année 2017.

Une enquête publique est en cours jusqu’au 5 octobre. Le commissaire enquêteur sera présent le vendredi 29/09 de 8h30 à 11h30 et jeudi 5/10 de 14h à 17h.

Pour que soyez parfaitement informé de ce dont il s’agit voici le dossier complet de demande d’autorisation d’exploiter de Cogestar3 à la Prefecture, à télécharger ici

Après la phase de consultation publique, les conclusions du commissaire enquêteur seront disponibles sur le site de la Prefecture, et en mairie.



portrait MichelMichel Lenoir (Illustrations carte et photo Ademe)


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