Soignants et coronavirus : A votre… santé !

Crise sanitaire : Un système de santé exsangue qui ne tient que par le professionnalisme et l’éthique de ses soignants…


Ils sont applaudis à 20h d’un coté, ils trinquent de l’autre… à votre santé ! Et ce n’est pas fini.

Des journées sans fin, épuisantes, des lettres anonymes pour les inciter à rester chez eux, des voitures caillassées, des macarons et cartes professionnelles volées…

Et au bout du compte, des perspectives peu engageantes.


Les hôpitaux publics déjà à bout de souffle… avant la pandémie


Comme un décor de cinéma : beau devant, creux derrière.

Loin des promesses martiales du président de la république, les soignants ont raison d’être coronavirus infirmiers portant le mondeinquiets. La crise du coronavirus servira-t-elle de leçon pour remettre sur pied le système hospitalier, malmené à grand coups de coupes budgétaires par les gouvernements successifs de ces 10 dernières années. Rien n’est moins sûr.

La doctrine est claire : ça coute trop cher.


Un peu d’histoire (récente)

Mi février 2020, les syndicats et collectifs de soignants des hôpitaux publics descendaient dans la rue, réclamant au gouvernement l’ouverture de négociations sur les salaires et le budget des établissements.

Gérald Kierzek, urgentiste à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu à Paris, estimait sur France Info qu’« il faut remédicaliser les décisions dans les hôpitaux. Il faut des directeurs médicaux qui soient à mi-temps sur le terrain, les mains dans le cambouis, de façon à avoir une décision juste »…/…


On s’est trompé d’objectif dans ce pays en voulant réaliser des économies et ensuite soigner. Donc, on a mis des gestionnaires à la tête des hôpitaux pour ensuite dire « on va faire avec ce qu’il y a ». Il y a un problème d’argent mais ils ont surtout une vision. La vision purement comptable ou budgétaire que l’on a depuis une vingtaine d’années, aggravée par la loi Bachelot en 2009, il faut la changer. »


Des chefs de services démissionnaires de leurs fonctions administratives

corona manif medecinsDes chefs de service de l’hôpital Saint-Louis à Paris et d’autres hôpitaux, avaient remis le 3 février leur démission administrative. Ils réclamaient davantage de moyens pour l’hôpital public et des hausses de salaire pour les infirmiers et les aides-soignants. Hervé Dombret, chef du service des maladies du Sang à l’hôpital Saint-Louis, expliquait sur France Info: « C’est une mort programmée de l’hôpital. On est privés de moyens de plus en plus, au détriment des malades et de la qualité des soins »


Traités comme des délinquants, lors des manifestations, et aujourd’hui comme des héros… On comprend qu’ils soient un peu déboussolés !



Le tango du gouvernement sur la gestion de la crise


Des masques pas nécessaires en mars… mais peut-être bientôt obligatoires en avril !

coronavirus experts medecineL’Académie de médecine a déclaré le 3 avril : Le port généralisé d’un masque par la population constituerait une addition logique aux mesures barrières actuellement en vigueur”.

Pourtant en raison de la pénurie de masques que connaissait la France, les responsables du gouvernement ont promu les autres gestes barrières (lavage de mains, usage unique de mouchoirs, distanciation sociale d’au moins un mètre) plutôt que celui du masque, contrairement à l’Asie où l’on a observé moins de morts qu’en Europe.


Jérôme Salomon, numéro 2 du ministère de la Santé, qui expliquait le 16 mars « Il ne faut pas mettre de masque quand on n’est pas professionnel de santé”, reconnaît désormais que tout dépend en fait de la quantité disponible: “Si nous avons l’accès à ces masques, nous encourageons le grand public à les porter”.


De son coté, le 16 mars, le ministre de la Santé, Olivier Véra annonçait “Je suis surpris de voir par la fenêtre de mon ministère le nombre de personnes qui sont dans la rue avec des masques (…) alors que cela ne correspond pas à des recommandations”.

Le 17 mars dernier, Sibeth Ndiaye, la porte parole du gouvernement expliquait “Les Français ne pourront pas acheter de masque dans les pharmacies, car ce n’est pas nécessaire si l’on n’est pas malade”.


En résumé…

Les soignants et les Français dans leur ensemble ont eu droit depuis le début de l’épidémie (connue déjà en janvier) à un florilège…

systeme sante privatise Jiho-Incitations officielles, y compris par le Président Macron lui-même, à minimiser la dangerosité de l’épidémie et à maintenir son mode de vie (jusqu’au 12 mars),

-Envoi de masques et de matériel médical à la Chine alors que le stock français était quasiment réduit à néant,


Puis

-Absence de masques, de tests, de prises de température, de dépistages systématique

-Classement de la chloroquine (nivaquine, etc.) parmi les “substances vénéneuses” (donc sur ordonnance seulement), après 71 ans de vente libre,

-Retard de deux mois dans les premières prises de commandes de masques et de tests,

-Insuffisance extrême de lits de réanimation, d’appareils de respiration pour intuber les malades en situation de détresse respiratoire aiguë. Les industriels français, qui ont proposé à l’État de fabriquer et de donner des appareils de respiration, n’ont obtenu aucune réponse depuis deux mois.

-Campagne de dénigrement contre la chloroquine et le professeur Raoult


En même temps … Les restrictions budgétaires pour la santé dans le secteur public, toujours dans les tuyaux


En même temps qu’il ne tarie pas d’éloges sur les personnels de santé des hôpitaux publics, le gouvernement continue la saignée de l’hôpital public

Le directeur de l’Agence Régionale de Santé (ARS) du Grand Est a assuré samedi la suppression de 174 lits et 598 postes à Nancy.


Dans une interview à L’Est républicain publiée ce samedi matin, Christophe Lannelongue estimait qu’ « il n’y a pas de raison de remettre en cause, avec l’épidémie de Covid-19, ce plan d’économies prévu au CHRU de Nancy.../… Le dossier devait être examiné début juin.

Nous aurons quelques semaines de retard mais la trajectoire restera la même en faisant le pari du développement de la chirurgie ambulatoire et de la rationalisation des installations en passant de 7 sites à un seul. C’est une vision très exigeante”.


Mais devant le tollé sur les réseau sociaux, ce valeureux soldat du serrage de boulons a été un peu contredit ce mardi soir par le ministre de la santé, Olivier Véran : »Tous les plans de restructuration pour les hôpitaux sont suspendus ».  « Suspendus »… ne signifie pas « annulés ».


coronavirus mal etre soignantsUne réalité objective : Les soignants sont fatigués


Les soignants sont désemparés face là la gestion politique de la crise sanitaire et aux moyens dont ils disposent.

Selon le site Infirmiers.com, ils sont en forte demande d’accompagnement psychologique.


Le nombre de visites sur le site de l’association Soins aux Professionnels de Santé (SPS) a été multiplié par 30 en quelques jours, avec près de 15 000 visites dans la seule journée du 27 mars.


On reparlera de tout ça dans quelques mois…



Pendant ce temps sur le Bassin


Arcachon et La Teste


Des sur-blouses et charlottes aux Centres de consultations COVID

lions coronavirusA défaut de matériel suffisant, le Lions Club d’Arcachon Côte d’Argent a fait un don de plusieurs centaines de sur-blouses et charlottes aux Centres de consultations COVID-19 d’Arcachon et de La Teste.

Les médecins locaux qui ont initiés ces Centres de Consultations sont hébergés dans des bâtiments mis à leurs disposition spontanément par les mairies des deux communes.


Ces deux centres accueillent sur rendez-vous des patients « covid suspect » envoyés par leur médecin traitant. Cette organisation permet ainsi de soulager les urgences de l’Hôpital d’Arcachon et diminuer les risques de contamination des cabinets médicaux.

La pénurie de certains équipements importants comme les sur-blouses et les charlottes a incité les membres du Lions Club d’Arcachon à solliciter des entreprises en disposant, afin de les remettre aux nombreux médecins mobilisés.


Lanton


« Opération Anges gardiens 33″… Filtration à l’entrée des EPHAD

sas lanton coronavirusLes associations de sécurité civile de la Gironde sont désormais sollicitées, dans la mesure de leurs moyens.
A la demande de l’ARS, elles sont chargées de mettre en place un espace d’accueil sanitarisé à l’extérieur de toutes les EHPAD (175), appelé Salle d’Accueil Sanitarisé (SAS)  de la Gironde.
Il s’agit d’assurer un maximum de sécurité pour l’ensemble des résidents, du personnel et des intervenants extérieurs.

L’opération pour le Bassin d’Arcachon a été lancé ce matin à l’EHPAD des Baccharis à Lanton. D’autres suivront…

A Lanton, c’est le Comité Français de Secourisme, spécialisé dans les formations aux premiers secours, et dans l’installation de postes de secours, qui s’est acquitté de la tâche.
A noter que cette association est à la recherche de bénévoles et de matériel de protection. Si le coeur vous en dit…

Contact : 0662723744 ou sur le site cfs33.fr ou via la page FB cfs33


A part ça, tout va bien…


portrait MichelMichel Lenoir

 



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