Drones de machines ! (A tout faire …)

4e Salon Européen du drone civil pro, à Mérignac. Vous n’imaginez même pas le monde qui se prépare …


19/10/16


Les 12 et 13 octobre 2016 s’est tenu au Pin Galant à Mérignac le 4 ème UAV Show, Salon Européen du drone civil.

La particularité de ce salon qui se tient tous les 2 ans est de rassembler un hall d’exposition, un lieu de conférences et des démonstrations en vol du matériel présenté dans le hall d’exposition. Ce salon se tient sous l’égide de Bordeaux Technowest, Technopole pionnière de la filière drone en France (www.uavshow.com  et https://technowest.com).


Une filière qui se professionnalise

Un drone c’est un ensemble indissociable de divers éléments, l’engin volant et tous les équipements nécessaires à la réalisation de sa mission. Les constructeurs sont dans ce milieu de petites structures. Quelques personnes passionnées et de haut niveau technique

Cette quatrième édition montre que la filière technique est déjà bien professionnalisée et s’industrialise. Un signe qui ne trompe pas : des stands d’assureurs, banques, avocats et les organismes de formation aux métiers de télépilote de drones.

L’Aquitaine qui possède une industrie aéronautique importante développe également une activité de construction et d’exploitation de drones significative. Le Bassin d’Arcachon est directement concerné avec la société Drone Protec System /Skeyetech basée à Arcachon (voir la vidéo ci desous) qui propose des services de drones automatisés pour la sureté et la sécurité.

Cette activité industrielle est en pleine expansion. Aux USA on estime qu’en 2020 circuleront quelques 7 millions de drones.


Notre reportage vidéo sur le Salon du drone, UAV Show 2016, à Mérignac



Pour quelles applications ? Agriculture, surveillance de lignes, sécurité de batiments, etc…

Les grandes entreprises commencent à utiliser les drones. La SNCF a créé un département « Drone » et commence à faire ses relevés de voies et d’ouvrages d’art avec des drones perfectionnés équipés de Lidar. EDF utilise les drones pour surveiller ses lignes électriques et définir les travaux d’élagage à exécuter. Le fichier des travaux est directement envoyé à l’entreprise d’élagage. Les grands centres industriels, raffineries, usines, utilisent des drones pour surveiller leur site ou évaluer l’avancement des travaux. Les drones commencent à intervenir dans l’agriculture de précision. Au lieu d’aller à pied examiner les plantes d’une parcelle, on fait survoler celle-ci par un drone correctement équipé qui va renvoyer vers un opérateur et une base de données les images nécessaires à l’évaluation de l’état de la plante. Le gain de temps et la réduction de cout sont immenses.

Bien d’autres applications sont possibles. Cet été 2016 à Biscarrosse, la société Helper drone a montré des largages de bouée de sauvetage sur nageur en difficulté en mer. La SNSM étudie la possibilité de s’équiper de tels appareils.

Bien d’autres applications sont possibles. Nettoyage de vitres, par exemple. L’imagination est la seule limite au développement de cette activité et de ses usages.


Les outils anti-drones

Les drones ne sont pas toujours les bienvenus sur des sites sensibles ou les propriétés privés…

On peut bien sur essayer la méthode Balltrap, mais des méthodes plus efficaces existent :

-un fusil lanceur de filet (après capture electronique de la cible sur un viseur),

-un drone lanceur de filet par dessus l’intrus, provoquant sa chute. Cette outil intéresse particulièrement les forces de l’ordre puisqu’il peut s’appliquer aussi à un individu fuyant au pas de course.

-un fusil ressemblant à une antenne rateau qui va brouiller la communication et prendre la commande du drone, l’obligeant à atterrir, et enfin, à l’ancienne,

-des aigles royaux, qui fondent sur l’appareil et l’attrapent dans leurs serres puissantes pour le ramener au sol. Une technique utilisée par la police des Pay-bas.L’utilisation des drones en France

La loi N° 3750 du 21/06/2016 précise les conditions d’exploitation des drones en France. En résumé :

Pour les drones de loisirs : Masse < 25 kg, Vol de nuit interdit, Survol interdit des Zones habitées, des Personnes ou des animaux, des Gares Autoroutes et Aéroport. Si vol en vue directe du drone, distance maxi entre drone et opérateur 200 mètres, Hauteur maxi de vol 150 mètres. Si pas de vue directe du drone, distance maxi entre drone et opérateur 1000 mètres, Hauteur maxi de vol 50 mètres.

Pour les drones de travail, les opérations de drones sont classées de S1 à S4 selon la masse et la mission effectuée. Les vols dans les zones de trafic aérien contrôlé sont soumis à autorisation préalable de l’organisme de contrôle de la circulation aérienne.


L’identification de l’engin bientôt obligatoire

Il est de plus envisagé d’équiper chaque drone d’une plaque d’identification du propriétaire et d’un voyant lumineux pour faciliter sa vue par les autres. A noter qu’aux USA l’immatriculation des drones est désormais obligatoire.


Un nouveau métier : pilote de drone

drone-ajs-boreal

Copie écran AJS Boréal

Le développement de l’utilisation des drones a créé un nouveau métier : Télépilote de drone. L’exploitation d’un drone implique dans la plupart des cas sa surveillance par un opérateur compétent ayant pour rôle de s’assurer que la mission prévue se déroule normalement. Le télépilote de drone doit donc être qualifié pour conduire les opérations de type S3 ou S4 définies par la règlementation (voir plus haut).

Il est désormais possible d’obtenir cette qualification au sein d’écoles spécialisées. Plusieurs écoles proposent désormais une qualification de pilote de drone. Les opérations de type S4 avec des drones lourds circulant hors vue du pilote exigent dans certains cas un pilote qualifié pour le vol aux instruments (IFR).


Cette jeune industrie ne s’inquiète pas de diplômes. Elle recherche des personnes motivées, ayant un bon bagage technique, capables d’une grande flexibilité intellectuelle. Elles doivent être capables de s’adapter et d’apprendre ce qu’elles ne savent pas encore.

Mais, début 2017 un brevet de télépilote de drone devrait devenir obligatoire. L’Armée française proposera début novembre 2016 une formation au pilotage de drones sur sa base de Salon. Il existe aussi désormais une agence d’intérim de télépilotes de drones (Alinea)

Quelques chiffres

Tous modèles confondus, il s’est en 2015 vendu en France 286 000 drones. Cette activité occuperait actuellement quelques 10 000 emplois en France dans 3 000 sociétés. Il y aurait quelques 2600 télépilotes de drone dont toutefois moins de 3% ont déjà une réelle activité professionnelle. Sur les 2600 opérateurs identifiés en France seuls une quinzaine conduit des opérations de type S4.

Mais ce marché croit rapidement, et les grandes entreprises commencent à utiliser les drones.


Journée d’information sur les métiers du drone

75 % des métiers que nous exercerons dans 20 ans n’existent pas encore. On voit apparaitre ainsi quelques uns de ces futurs métiers, constructeur de drone ou télépilote de drone.

Pour les personnes intéressées, le 4 novembre aura lieu à Bordeaux une journée d’information sur les métiers du drone. Rens Info et inscription au 02 51 78 92 00 et sur www.ecoledesmetiersdudrone.com


Le parc des Expos bouge…

A noter pour les amateurs, que le prochain Vivons Salons (ex Conforexpo) au Parc des expositions de Bordeaux, devrait accueillir des fabricants et revendeurs de drones grand public, avec quelques démonstrations. Idéal pour une sortie en famille, petits et grands …

Par ailleurs, le hall 2 actuel va être démoli en 2017 pour être remplacé, en 2019, par un bâtiment de 15 000 m2,  pouvant accueillir des congrès jusqu’à 6 000 personnes, devenant le deuxième centre d’expo en France après Paris, avec une véritable entrée qui fait défaut actuellement. Nous y reviendrons ultérieurement.


Daniel de Paz / Michel Lenoir


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