Abstentionnistes : la pêche à la ligne progresse …

asticotEn dépit du temps maussade sur le Bassin ce dimanche, les 60% d’abstentionnistes ont été les grands vainqueurs de ces élections. Faut-il y voir une lassitude des électeurs exprimant un manque de considération dont ils font l’objet, sinon en cette  période électorale ?  Un ras le bol de trop de règlements, trop draconiens, trop de contraintes, dont ils ne saisissent plus la portée, quelque soit le domaine ? Une volonté clairement exprimée que les députés de droite comme de gauche qui votent les lois, les ministres qui les mettent en œuvre, commencent d’abord par se les appliquer ? Un sentiment d’incompréhension, face à la valse de milliards demandés et obtenus par les banques qui se recapitalisent, quand les entreprises ne peuvent financer leur développement, ni les particuliers leur achat de logement ? Un sentiment d’impuissance dans une Europe Titanic alors qu’on leur avait promis un vaisseau amiral ?

Il va falloir que les partis politiques aient de solides arguments, que Nathalie Le Yondre (PS) et Yves Foulon (UMP) vainqueurs au coude à coude au premier tour, soient très explicites sur leurs engagements, s’ils veulent convaincre les abstentionnistes de laisser tomber la partie de pêche ou leur écran TV pour se décider à aller voter.

On notera d’ailleurs que la non prise en compte de l’expression du vote blanc favorise ce comportement. Il n’apparaît d’ailleurs pas dans les chiffres de l’abstention.  Mais il modifierait considérablement la règle du jeu électoral. Ainsi aux élections présidentielles, 2 147 173, soit 5,84% des inscrits, ont voté sans exprimer de choix, sans qu’on puisse faire la différence entre les votes nuls et les votes blancs. S’il avait été pris en compte, ni Jacques Chirac, ni François Hollande ne passaient les 50%. En Europe, seuls trois pays valident la valeur du bulletin blanc à différents degrés (la suisse, l’Espagne et la Suède). Au Pérou, si plus de deux tiers des bulletins sont blancs, le vote peut être invalidé.

Très courtisés, et pourtant incompris, les inscrits non-votants, et au delà, les non-inscrits, sont de plus en plus les maitres des enjeux électoraux. On aura sûrement l’occasion de s’en rendre compte sur le Bassin dimanche…

IB

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