Les vedettes oubliées du Bassin (Ep. 4)

Quand les stars venaient (déjà) sur le Bassin d’Arcachon… Aujourd’hui : René Navarre et Pierre Blanchard


Voici une série sur l‘histoire des stars d’autrefois, venues sur le Bassin. Patrice Vergès, journaliste, ancien critique de cinéma, nous propose ses rencontres et ses souvenirs.

Michel Lenoir, Directeur de Publication


Nous continuons notre saga avec René Navarre star du muet qui venait en villégiature sur le Bassin et Pierre Blanchard qui séjourna à Arcachon.


René Navarre : star du muet

rene navarre

Devenu une vraie star avec Fantômas grâce à Louis Feuillade puis de Belphégor, Navarre né à Limoges en 1877 vit sa carrière se briser, comme beaucoup de vedettes de cette époque, avec l’arrivée du parlant en 1929.

Victime de jeu trop outrancier et théâtral, il fut relégué dans les seconds rôles jusqu’en 1940, date où il abandonna le cinéma, à moins que ce ne soit l’inverse.

Décédé en 1968, René Navarre joua au à l’Olympia d’Arcachon, une ville qu’il aimait bien où il vint de nombreuses fois en villégiature d’après Michel Boyé.



Pierre Blanchar : le jeune premier romantique

pierre blanchardNé en 1892, mort en 1963, Pierre Blanchar était le Gérard Philippe des années 30/40 où il n’arrêta pas de touner.Sa diction emphatique, son rire nerveux, son regard fiévreux dû à ses yeux bleus qualifiés « du plus beau regard du monde » en firent un acteur romantique de premier plan.

Ce fameux regard était dû, se disait-il aux gaz asphyxiants pendant la Grande Guerre où il était resté aveugle pendant quelques mois. Ce regard valut aussi une phrase cruelle de Jean Cocteau à son égard « regard d’aigle mais cervelle de moineau ! »

Résistant, Pierre Blanchar a certainement payé le fait d’avoir été Président du Comité de la libération du cinéma Français dès 1944.


pierre blanchar afficheIl s’y est montré particulièrement revanchard envers les comédiens qui ont tourné pour la Continental pendant la guerre en s’exposant trop avec les Allemands sans collaborer comme Guitry.

Pour sa part, il avait refusé de jouer au théâtre pour ne pas saluer les Allemands. Sa carrière qui a périclité dès les années 50 ne doit pas être étrangère à son patriotisme vengeur que beaucoup ont jugé très excessif. Lorsqu’il venait à Arcachon pour se reposer entre deux pièces de théâtre, il séjournait à la villa Gladis puis Les Sablines.

Son film « Pontcarral colonel d’empire » rencontra un énorme succès pendant l’occupation.

Applaudi à chaque séance pour sa réplique « sous un tel régime, c’est un honneur d’être condamné », beaucoup ont prétendu qu’il s’était identifié au héros de cet histoire…



patrice verges retaillé

Patrice Vergès

Journaliste, romancier (page FB ici) (Illustrations : Copie écran Archives et documentation Patrice Vergès)


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