Souvenirs d’en(F)rance : Electrophone Teppaz. Dansez jeunesse !

Ces objets ou moments qui ont marqué : « Le tourne-disque Teppaz »…

Par Patrice Vergès


1/04/18


verges teppaz 2Tous les jeunes des années 60/70 se souviennent aujourd’hui de ce petit électrophone portatif appelé du nom générique de son inventeur, M. Teppaz.

Jusque dans les années 60, pour écouter un microsillon rebaptisé depuis peu 45 tours ou 33 tours, il fallait utiliser l’imposant ensemble poste-électrophone situé dans le salon des parents.


La mode Yéyé

Lorsque la mode des  » yéyé  » apparut au début des sixties, il se créa vite un clivage entre les goûts des parents et ceux des adolescents amateurs de  » cette musique de sauvage ». La démocratisation du transistor qui permit au jeune de pouvoir écouter la musique qu’il aimait dans l’intimité de sa chambre, sans casser les oreilles de ses parents, fut déterminante dans le succès de certains chanteurs.

Mais comment écouter son disque 45 tours ?


Electrophone portatif

Marcel Teppaz fabriquait depuis la fin des années 30, des phonographes et amplificateurs dans la région lyonnaise. Au milieu des années 50, il inventa un petit tourne-disque au format plus compact bien moins cher à produire et à vendre.

Il fonctionna d’abord avec lampes puis à transistors encore plus compacts.


verges teppaz 3Puis il eut l’idée géniale d’intégrer son électrophone dans une petite valise en carton à la présentation très jeune. Le couvercle bombé amovible comprenait le haut-parleur qui pouvait se déplacer dans la pièce pour moduler la source du son.

Grâce à son prix très contenu, le Teppaz devint le cadeau de noël ou d’anniversaire idéal pour un ado. « La musique à la portée de toutes les bourses » martelait la publicité.


Désormais, non seulement pour ce dernier, il était possible d’écouter sa musique dans sa chambre mais surtout pouvoir transporter son appareil chez des copains qui n’en possédaient pas encore un ou dans une salle pour une surprise-party ou une « surboum » comme on disait alors.

Une révolution auprès de la jeunesse !


Ce fut aussi l’explosion pour la petite marque lyonnaise qui en fabriqua plus de 1000 par jour montés à l’aide d’un personnel dépassant les 1000 personnes.

La firme reçut l’oscar de la meilleure entreprise française à l’exportation en 1962 car le Teppaz était exporté dans une centaine de pays.


Alimenté par piles

La clé du succès de Teppaz fut la jeunesse appâtée par une réclame très active dans tous les supports comme le journal Salut les Copains. « J’apporte la joie  » clamait la pub.

Teppaz ne cessa d’élargir sa gamme avec des modèles toujours aussi compacts (transistors) mais plus élaborés comme celui stéréo à deux hauts parleur toujours intégrés dans le couvercle et surtout par le modèle Transit alimenté par piles qui permettait d’écouter des disques partout… sur la plage, camping, etc.

Mais le plus diffusé fut le modèle Oscar aux prix le plus compétitif.


Hélas, Marcel Teppaz n’eut pas le temps de jouir de la fantastique notoriété de son invention puisqu’il décéda brutalement à 57 ans en 1964.

teppaz verges fabrication 3

Reprise par son gendre, son entreprise déposa son bilan en 1977. La mode du petit électrophone portatif bon marché s’écroulait.

Mariée et embourgeoisée, la jeunesse de mai 1968 se tournait vers les platines haute-fidélité massives comme des 38 tonnes avec un pupitre de curseurs et boutons.

L’histoire bégaye….


Voir la vidéo de l’INA sur la fabrication de l’électrophone Teppaz, ici. Tout le charme désuet des infos des années 50…



patrice verges retaillé

Patrice Vergès Journaliste, romancier (page FB ici)

(Illustrations: Copie écran Archives et documentation Patrice Vergès, et capture d’écran internet)


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