Souvenirs d’en F(r)ance : Le Solex (une aventure !)

Ces objets ou moments qui ont marqué : Le Solex ou « le vélo à moteur » (par Patrice Vergès).


18/02/18


 On a tous en nous quelque chose du Vélosolex !

solex gujan net imagePendant près de 30 ans, le Solex a fait partie de notre quotidien. C’était le compagnon motorisé idéal pour se déplacer en ville dès 14 ans qu’on soit lycéen, ouvrier, actif ou retraité.

Au sortir de la guerre, lassés de rouler à vélo et pédaler et face à la cherté des voitures, les Français se ruèrent vers des bicyclettes motorisées qui virent le jour sous la forme de cyclomoteurs de 50 cm3.



Le constructeur français Solex proposa dès 1949 une originale bicyclette motorisée moins coûteuse que ses concurrentes.

Elle adoptait la technique originale de la traction avant animée par un petit moteur 2 temps de 45 cm3 placé sur la roue antérieure entraînée par l’intermédiaire d’un galet. Moteur qu’on pouvait débrayer à l’aide d’une poignée permettant de l’utiliser comme un vélo en pédalant.



La bicyclette qui roule toute seule

Très peu puissant (0,5 ch), le Solex ne roulait qu’à 28 km/h mais il s’avérait économique, très robuste et pratique avec son cadre ouvert, assez confortable et surtout bon marché. Rustique mais sympathique (une seule couleur noir) il trouva rapidement sa clientèle parmi les femmes, les jeunes et les ouvriers pour aller bosser à l’usine.


Les plus aisés se tournaient vers la Mobylette plus rapide mais plus chère et surtout plus facile à utiliser en ville grâce à son embrayage automatique. En effet, avec un Solex, à chaque arrêt, il fallait relever le moteur à l’aide d’une poignée, pédaler puis le réenclencher, lancé pour qu’il entraîne la roue. Pas très pratique !


En 1960, il adopta enfin un embrayage automatique facilitant son démarrage après un arrêt puis un moteur plus puissant (0,7 ch) qui lui permit de rouler à la folle allure de 33 km/h.  Moteur qui distillait une originale sonorité qu’on reconnaissait entre mille comme celle de la 2 CV d’ailleurs.



Économique mais casse gueule

solex verges captureSon usage était facile car il évitait de passer à la pompe avec mélangeur, puisqu’il fonctionnait avec un mélange tout prêt vendu en bidon (Solexine) qu’on pouvait transporter avec un porte-bidon proposé en option. Pas très puissant, parfois, il fallait pédaler pour l’aider dans les côtes.


Il n’était pas très stable non plus avec son moteur situé à l’avant qui tirait dans le guidon dès qu’on tournait. Il était d’ailleurs assez casse-gueule sur le mouillé. Mais on l’aimait car il ne se prenait pas au sérieux et consommait presque trois fois rien (1,5 l aux 100). Mais parcourir 100 km en Solex exigeait beaucoup de temps et de patiente.


Las, face au succès, le constructeur ne le fit pas suffisamment évoluer et quand les Japonais envahirent le marché à la fin des sixties, le Vélosolex accusa son âge.

La jeunesse de 1968 lui préféra le Caddy Motobécane plus pimpant, le P50 Honda ou le Peugeot 103. Malgré un rajeunissement, désormais plusieurs couleurs au choix, ses ventes commencèrent à décliner d’autant que la France du début des années 70 dont le pouvoir d’achat était en progression n’allait plus travailler en 2 roues mais en 4 roues.


Le port du casque obligatoire en 1975 ruina sa carrière auprès de la clientèle féminine et si ses ventes perdurèrent jusqu’en 1988 grâce à Motobécane qui avait repris la marque, le Solex avait fait son temps. Plusieurs fois sa fabrication fut relancée autant en thermique (fabriqué dans les pays de l’Est) qu’en électrique mais sans suite réelle.



Les Solexistes !

 Comme la 2 CV dont il était très proche philosophiquement ou du stylo Bic, le Solex fait partie de notre culture. Que nous ayons 30 ou 60 ans, nous avons connu quelqu’un dans notre entourage qui roulait en Solex. Aujourd’hui, il est très recherché par les passionnés Solexistes.

D’ailleurs, il existe une association de passionnés de Solex à Gujan Mestras (Page Facebook solex.gujan.net )

Retrouvez vos 14 ans ou… plus au guidon d’un Solex !


patrice verges retaillé


Patrice Vergès Journaliste, romancier (page FB ici)

(Illustrations : Copie écran Archives et documentation Patrice Vergès, et capture d’écran page FB solex.gujan.net)


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