Humour : Les Nouvelles Lettres Persanes de Charles Daney (Ep 2)

Voici le regard perçant d’un Persan, sur les gens de notre région, façon Montesquieu…



Les Nouvelles  Lettres  Persanes (par Charles Daney)  : Episode 3

Le souk à Mollah…


D’Ubsek à Rica

NLP bordeauxEn arrivant au souk à Mollah, j’ai rencontré de savants personnages du type de nos ulamas, qui m’ont trouvé un livre de Montesquieu intitulé « Lettres Persanes ». Ils croyaient que c’était Montesquieu qui l’avait écrit mais j’ai pu leur démontrer sans peine que Montesquieu n’avait fait que rassembler les lettres de mon aïeul.


J’ai passé la journée, et puis une autre, et puis la nuit de la pleine lune à le lire et le relire. C’est mon aïeul (souvent copié, hélas !) qui a parlé pour la première fois de Bordeaux comme d’une ville bâtie en l’air dans sa lettre XXIV sous prétexte qu’il y avait six à sept maisons l’une au dessus de l’autre, ce qui est beaucoup pour Bordeaux.


Il n’avait pas vu ce que nos architectes ont fait depuis chez nous en en empilant tellement qu’on n’aperçoit plus les dernières qui sont au-dessus des nuages. Il a bien remarqué combien les Bordelais ont eu «du génie pour avoir fait d’un village marécageux une ville superbe », ce qu’il a noté dans sa lettre XXIII.


Il remarque en passant qu’ « il ne leur manque que du bon sens » (lettre CXXX) et que, « lorsque tout le monde est descendu dans la rue, il s’y fait un réel embarras » (Lettre XXIV).

Surtout depuis qu’ils circulent dans des carrosses qu’ils appellent simplement des voitures, au prétexte qu’elles ne sont ni armoriées, ni drapées dans ces merveilleux tissus persans que nos femmes savent si bien broder.

NLP vin d ici mieux qu eau de la


Il est remarquable qu’il n’y ait pas de gens au monde qui tirent mieux parti de leurs machines, même dans les encombrements.

Le pas réglé de nos chameaux les ferait tomber en syncope.


Il parle aussi du vin, qu’il aurait mieux fait d’ignorer, disant un jour (lettre XXXIII) que « c’est la sagesse des Bordelais de chercher des remèdes contre la tristesse avec autant de sérieux que contre la maladie la plus sérieuse » et un autre (lettre XXXIII) que « le vin est si cher par les impôts que l’on y met, qu’il semble qu’on y ait entrepris d’y faire exécuter les préceptes du divin Alcoran qui défend d’en boire ». Je suis content qu’il ait rectifié sa première pensée.


Roxane me demande tous les jours de lui parler des femmes de Bordeaux. Je lui enverrai demain une longue lettre sur le sujet. Mais il n’y a pas à dire, je pense tout à fait comme lui surtout quand il remarque dans sa lettre XXXIV que je cite presque intégralement que « le grand tort qu’ont les journalistes , c’est qu’ils ne parlent que des livres nouveaux ; comme si la vérité était jamais nouvelle. Il me semble que jusqu’à ce qu’un homme ait lu tous les livres anciens, il n’y n’a aucune raison de leur préférer les nouveaux. ».

Le grand Allcoran suffit à  un bon musulman. J’y rajouterais quand même les Lettres Persanes…



charles daney

Charles Daney, Professeur agrégé retraité, Secrétaire perpétuel de l’Académie du Bassin d’Arcachon.

Voir la page FB de Charles Daney, ici



Pour recevoir par e-mail tous les articles d'InfoBassin...

C’est gratuit


Comments

comments