Les rêveries sensuelles de Lyselotte (au Pyla)

La villa du Pyla (1/2)


8/04/17


Lyselotte est en train d’écrire la suite de « Lorena ». En attendant, elle nous propose aujourd’hui une brève nouvelle en deux parties, dans un style très différent, toujours située sur notre beau Bassin. Dans deux semaines, nous reprendrons le fil du feuilleton avec Loréna et de nouveaux personnages.

Michel Lenoir, Directeur de Publication


(Pour lire les épisodes précédents, cliquer ici)



lyselotte serrureVoici un bon mois qu’il planque dans le parc de cette villa cossue des beaux quartiers du Pyla. En fait il n’a que ça à faire trainer dans les secteurs rupins. Sorti de taule depuis trois mois, il squatte chez une copine dont il sent bien que la patience ne va pas tarder à se changer en exaspération. Bon, il la saute de temps en temps, cette moche rossinante, histoire de payer son loyer, mais le physique ingrat de cette femelle-là n’est pas pour lui aiguiser l’appétit.


Ce n’est pas le roi de la cambriole, il serait même plutôt le prince des baltringues. Ca fait trois fois qu’il se fait choper pour des bricoles. Trois fois qu’il fait un séjour en prison et en ressort pour se refaire piquer comme un débutant. Ceci dit, ses séjours en « résidence surveillée » lui font d’autant plus apprécier la liberté. C’est pas pour dire mais question sexe, la prison, c’est pas ça !

Oui, Filou-la-main-douce doit plus son surnom à son habileté à câliner les filles qu’à sa facilité à dépouiller les richards de leur pactole.

Question cabriole, c’est plus sur un plumard -ou ailleurs aussi d’ailleurs- qu’il sait y faire.

Mais pour continuer à crécher chez l’habitante qui l’héberge, il va lui falloir payer le loyer autrement qu’avec son tempérament et c’est pour ça qu’il est là, tapi dans un fourré de ce jardin arboré -avec piscine et jacuzzi, s’il vous plaît.


La villa du Pyla

La nuit est limpide et la lune le regarde de son gros œil doré. Il est bien. Tout est calme. Couché sur le dos, la nuque posée sur ses mains jointes en coussin, Filou voyage sur ses fantasmes comme sur un tapis volant.

Une villa comme ça et lui… Une villa comme ça et une tripotée de blondes à forte poitrine, batifolant dans la piscine comme des canes dans une mare. Il se voit, lui, caïd de pacotille, un cigare barreau de chaise coincé entre les dents, passant de l’une à l’autre, pinçant un téton ou claquant un cul pommé, plaquant son sexe bandant contre une bande gazonnée épilée, puis une poilue, puis une mi-figue mi-raisin.

Il adore ça. Qu’elles soient lisses ou frisottées lui importe peu, pourvu qu’elles soient charnues et odorantes, goûtues et accueillantes. Il y fourre son nez, sa langue, et le reste sur l’écran noir de ses nuits blanches. C’est bien la seule gymnastique des méninges à laquelle il s’adonne avec délectation. Et des filles, pour de faux, il en nique un paquet.

Il en est là de ses réflexions, quand les lumières de la piscine s’allument brusquement.


Un couple en vue

Merde ! Lui qui envisageait d’aller piquer une tête puis de tester le système de sécurité de la turne, histoire de voir s’il y avait une ouverture, le voila ratatiné sous un laurier, les yeux riboulant dans leurs orbites comme ceux d’un lapin fou.

Merde et merde. Les proprios sans doute. La tuile. Il tend le cou pour survoler la touffe de trèfle  où il avait posé sa tête il y a quelques secondes et jette un œil à la scène révélée.

La piscine ressemble à une soucoupe volante éclairée du dedans par des faisceaux indigo se délitant dans l’eau bleue. La femme qui est entrée est brune. Ses cheveux noués en chignon encadrent son visage dont les yeux charbonneux et la bouche pulpeuse et rouge sang attirent irrésistiblement le regard du voyeur planqué dans le jardin. Son corps est sanglé dans un uniforme…de gendarme. Allons bon.

Filou en reste comme deux ronds de flan  et déglutit avec peine sa salive soudain devenue aussi corrosive qu’une lampée de débouche évier. Des poulets, pense-t-il soudain, liquide de la tête aux pieds. Il se remet sur le dos avec précaution et se posant les mains sur le front, essaye de réfléchir le plus rapidement possible aux éventualités envisageables pour se sortir de ce merdier.


Patienter

Fuir ? Impossible. Il vaut mieux rester et attendre que ça passe. Retrouvant sa position à plat ventre, il reprend son observation et son souffle. Le pantalon marine de la femme moule un derrière dont les hémisphères donnent des idées de pénétration à Filou-la-main-douce.

Le hic, c’est l’homme. Le type n’est pas en uniforme mais en costar-cravate. Du sur-mesure pense Fifi. Et le voila, l’autre, qui s’approche de la gendarmette, d’une démarche de fauve. Le voila qui lui tend une coupe de champagne dans laquelle elle plonge à peine ses lèvres. Le costumé lui enlève la flûte sans que ses yeux quittent ceux de sa proie. Fifi est aussitôt au garde-à-vous.  Dans son slip, hein, pas en vrai. Le voila, chauffé comme une lame sur l’enclume, qui en oublie sa situation périlleuse. La nana cambre le dos, et son bas-ventre se plaque à la braguette de l’homme.

Lui glisse ses mains sous sa mâchoire et l’embrasse avec fougue.

Puis c’est l’enchainement …



La semaine prochaine  : Suite et fin de « La villa du Pyla ».  Bon week-end…


Lyselotte


Les lecteurs(trices) qui sont arrivés au bout de ce récit pourront découvrir « Tu es Pierre », un roman de l’auteure, ici 

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