Les rêveries sensuelles de Lyselotte (Episode 2)

Eteindre le feu …


4/03/17


Le printemps arrive à petits pas. La sève commence à monter. Alors, pour les week-ends à venir, InfoBassin lance un feuilleton caressant comme une plume, situé sur le Bassin d’Arcachon, pour les amateurs d’aventures amoureuses. Il est écrit par Lyselotte, auteure taquine, aimant rire et partageuse. Une page intimiste d’histoires sans tabou…

Michel Lenoir, Directeur de Publication


(Pour lire l’épisode précédent, cliquer ici)


Lège – Cap Ferret

17h00

lyselotte plumeMartial regagne le parking à petites foulées afin que disparaisse son émotion. En arrivant au pied du sentier balisé, il se retourne une dernière fois pour regarder la silhouette allongée. Elle n’a pas bougé. Par tous les seins des saints, cette fille lui a mis le feu au sang. Incroyable. C’est que Martial n’est pas à la fête tous les jours côté câlins.

Marié depuis sept ans à Myriam, il a pratiquement perdu le goût des gaudrioles. Enfin pas lui, toujours prêt pour les jeux de peau, mais sa femme qui ne remplit plus son devoir conjugal qu’à contre-corps. Quand il est trop en manque, il devient irritable, cassant. Alors elle se soumet à cette corvée avec résignation, étoile de mer inerte ou levrette docile contemplant le papier peint de la chambre.

Leur relation se résume à quelques succions de ses tétons à elle, puis à une prise en main de Myriam qui l’astique -bien qu’il n’en ai pas besoin-  puis à une intromission qui n’apporte du plaisir qu’au mâle furieusement excité. Elle gémit pour l’encourager, halète pour qu’il accélère et geint quand il jouit. Voila, c’est fait, pense-t-elle en se levant illico-presto pour aller faire son petit ménage. Lui reste sur le dos, calmé mais désolé.


Autant le dire carrément, son couple bat de l’aile. Pourtant, les apparences sont trompeuses. Ils sont « the couple du siècle » pour leurs familles et leurs amis.  Mais en fait, il se détache de plus en plus de Myriam. L’absence d’enfants et surtout de désir de ne pas en avoir qu’elle déclare ouvertement ajoute une fragilité certaine aux liens qui les unissent. Merde alors, il n’a que trente cinq ans et puis il est un homme. Et un homme qui a des besoins.


Alors, il calme ses ardeurs en faisant du sport, pédalant comme un dératé sur les pistes cyclables du Bassin, ou courant après les mouettes sur les plages qu’il chérit. En hiver, il fait du hand-ball à Lège où il habite.

Question sexe, il pallie à ses absences en mâtant en douce des films pornos. Depuis le début de l’été, sa libido galopante a sûrement été la cause d’une accélération de la déforestation pour fabriquer les mouchoirs en papier…

Toutes les fois qu’il a abordé ce sujet délicat et pourtant primordial pour l’harmonie d’un couple, ça a fini en cris et méchancetés. Et aujourd’hui, cette nana à moitié nue lui a carrément mis le feu à la poutre.

Il va réviser sa copie question « fidélité jusqu’à ce que mort s’en suive ». C’est décidé. Ca fait un moment que ça lui tournicote dans le ciboulot cette idée.

Et puis, il y a Bérangère.


Il travaille dans une agence immobilière et sa nouvelle collègue lui tourne autour depuis qu’elle est arrivée, il y a deux mois. Mignonne en plus. Oui, mignonne Bérangère.

Il pédale et réfléchit en même temps (ce qui pour un homme est un exploit !). Il a souvent fantasmé sur elle. Elle est aussi pétillante que Myriam est discrète. Aussi ronde que Myriam est longiligne depuis qu’elle fait un régime, ayant décrété qu’elle se trouvait trop grosse. Elle porte des jupes et des robes alors que Myriam n’a que des jeans et pantalons dans sa garde-robe. Elle est accorte et souriante, prompt à rire à toutes les bêtises et surtout, elle lui fait les yeux doux et le frôle dès qu’elle le peut.

Une fois, à l’agence, après la fermeture, ils étaient restés pour convenir du planning des visites de maisons en vente. Penchée vers l’ordinateur devant lequel il était assis, elle avait pratiquement posé son buste sur l’épaule de Martial. Quand elle avait pointé du doigt une journée de la semaine, ses cheveux détachés étaient venus s’éparpiller sur le col de la chemise du garçon et il en avait respiré le parfum fleuri.


Sur le chemin du retour, il décide de calmer le feu qui court dans ses veines et d’envisager l’avenir d’un côté plus…excitant.

La maison est vide. Un post-it sur la table : « Je suis chez Agnès, ne m’attends pas pour diner. » Quel bol ! Pas besoin de film pour mettre son désir au garde-à-vous. Il file directement sous la douche. L’eau brulante ruisselle sur son corps. C’est bon. Il pense à Lorena. Une noisette de gel au creux de la paume, ses deux mains glissent à présent, vont et viennent sur son membre tendu. Loréna…

Il déroule le film de son fantasme en imaginant une suite excitante, loin des regards indiscrets. Ses mains sur les seins de Loréna et leurs aréoles couleur de framboises. Ses lèvres autour des tétins grenus et sensibles, ses dents qui les mordillent et cette nana qui se cambre pour s’offrir plus encore. Puis son cul, majestueux, sur lequel il passe l’ambre solaire jusqu’à le rendre luisant comme le marbre d’une statue. Puis sa minette dont il écarte la faille douce et puis… Il explose, enserrant son frein innervé d’une étreinte rendue glissante par la mousse. Il s’épanche, et l’eau qui ruisselle sur son dos le fouette de sa brulante lanière. Il jouit, longtemps, et sa semence se mélange à l’écume parfumée qui disparait dans le siphon de la douche. Prolongeant son plaisir par à-coups légers, il refait surface en rouvrant les yeux, haletant encore, le corps hérissé de chair de poule.

Sa tête retombe sur sa poitrine, les brasillements perdent peu à peu de leur intensité et il inspire fortement pour calmer son cœur emballé.

Il sourit.

Merci Loréna.



La semaine prochaine Episode 3 : Myriam



Les lecteurs(trices) qui sont arrivés au bout de ce récit pourront découvrir « Tu es Pierre », un roman de l’auteure, ici 

Voir sa page FB, ici


Bon week-end…


Lyselotte


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