Les rêveries sensuelles de Lyselotte (Episode 3)

Toi et moi (Et réciproquement…)


4/03/17


3eme épisode de notre feuilleton sensuel, situé sur le Bassin d’Arcachon, pour les amateurs d’aventures amoureuses. Il est écrit par Lyselotte, auteure taquine, aimant rire et partageuse. Une page intimiste d’histoires sans tabou…

Michel Lenoir, Directeur de Publication


(Pour lire les épisodes précédents, cliquer ici)


Lège – Dans le jardin d’Agnès

17h00

escargotsMyriam est mariée depuis sept ans à Martial. Ils se sont connus au collège, puis ont été séparés par la vie. L’un partant en internat à Bordeaux et elle restant sur le Bassin. Ils se sont retrouvés lors du retour de Martial à Lège, se sont fréquentés pendant un an avant que  leur union, dans les liens sacrés du mariage, pour employer la formule consacrée, devienne une évidence pour eux comme pour leur entourage.

Un amour fusionnel que la vie a érodé comme l’océan grignote avec opiniâtreté  les falaises les plus résistantes jusqu’à les réduire en sable. Depuis un an, elle n’éprouve plus aucun désir pour son mari et doit se résigner à faire l’amour (enfin…si l’on peut dire) avec lui quand elle sent que ça va tourner vinaigre.


Il y a un an, Myriam a rencontré Agnès. Partenaire au tennis, puis copine préférée, puis amante. La vie vous joue de ces tours, des fois.

Rien ne les prédisposait, l’une comme l’autre, à cette lente évolution du statut de femmes hétéros à celui de maîtresses saphiques. Pas même une expérience d’adolescence qui leur aurait laissé un souvenir inoubliable. Rien.

Mariées toutes les deux, vivant à Lège à quelques encablures l’une de l’autre, elles s’étaient rencontrées sur les cours de tennis et s’étaient tout de suite entendues. Au fil des jours, leur amitié s’était construite. Elles sortaient ensemble, allaient faire des virées à Bordeaux ou à Arcachon, passant de plus en plus de temps ensemble. Les confidences intimes avaient tout naturellement trouvées leur place dans leurs conversations et c’est ainsi qu’elles s’étaient retrouvées évoquant leur vie de couple, lénifiante, sans surprises.


Elles se retrouvaient souvent chez Agnès, en été. La maison cossue qu’elle habitait avait une piscine et toutes deux passaient du temps à se dorer la pilule, quasi nues, sirotant des jus de fruits glacés et parlant de tout et de rien.

Elles comparaient souvent leur plastique. Agnès était longiligne, nerveuse et musclée. Son absence de poitrine -façon Jane Birkin- la navrait mais elle avait un joli cul, pommé et bien rond, de longues jambes bien galbées et un ventre plat et dur. Un physique de marathonienne que Myriam lui enviait.

Elle qui était plus ronde sans l’être excessivement regardait maintenant son 90C et son 42 de taille avec irritation. Elle se mit donc au régime et perdit rapidement du poids pour ressembler à Agnès. Le sport lui permit de se modeler un corps harmonieux mais sans les formes qui faisaient son charme, du moins aux yeux de Martial.

– Si ça pouvait lui couper son envie, disait-elle à Agnès après être, pour la paix, passée à la casserole, ça m’arrangerait…


L’amitié des deux femmes s’enlisait dans un bien-être partagé et bienheureux. Parfois pourtant,  elles se regardaient autrement. Ces regards-là soupesaient la possibilité d’un autre chose, plus charnel, plus intime.

– Tu as déjà fait l’amour avec une fille ? osa un jour Myriam.

Agnès, au lieu de s’esclaffer la fixa intensément.

– Non, assura-t-elle, mais ça me tente.

Elles étaient allongées sur des transats au bord de la piscine, le corps enduit d’une huile qui leur faisait la peau comme de la soie.

En disant cela, Agnès frôle du bout  des doigts le poignet de son amie qui sursaute. Le temps semble alors stopper sa course. Le soleil s’attarde sur la lèvre inférieure de Myriam y déposant une petite luciole brillante, puis glisse avec la lenteur d’un colimaçon lumineux sur sa jugulaire qu’il suit jusqu’à la naissance du sein gauche.

Agnès regardait  cette lente progression et ses doigts tremblants ne quittaient pas la main de son amie y imprimant leur sceau  brulant. Le souffle écourté, Myriam tourna alors son bras pour offrir à la morsure douce la délicate chair de son poignet et son réseau de veines. Son émoi était palpable, son pouls tressautant à la manière d’un insecte prisonnier d’une toile d’arachnide. Quand le soleil toucha l’aréole pourpre de son sein, son amie se leva et posa ses lèvres sur la frontière ombre et lumière.

– Oh, seigneur, gémit-elle… Pas ici, ajouta-telle en haletant.

D’une torsion du corps, toutes deux se relevèrent et entrèrent précipitamment  dans le salon.


Comme dans les films, Agnès la colle au mur tout en emprisonnant ses poignets qu’elle maintient d’une main au-dessus de sa tête. Comme dans les films elles s’embrassent, presque brutalement, chacun retrouvant dans ce baiser bestial l’assouvissement de cette envie qui les consument depuis des semaines. Abandonnant cette bouche qui la vampirise, Agnès aspire le téton grenu qui pointe comme un museau de souriceau. Elle mordille, tète et la suppliciée crie, mouille et supplie.

Alors elle lâche les mains prisonnières et toutes les deux glissent au sol. Leurs lèvres se joignent pour un nouveau baiser de feu plus profond, plus puissant aussi. Un de ces embrassements qui fondent les êtres et leur font mesurer l’intensité de ces désirs qui bravent les interdits et consument les créatures de chairs et de sang que nous sommes. Leurs mains s’activent à d’autres taches, harponnant des cabochons granuleux, passant sous des remparts tissus et s’invitant dans des failles soyeuses et trempées.

Elles crient de concert en se sentant pénétrées, se défont mutuellement de leur monokini et l’une chevauchant l’autre tête-bêche, s’offrent leurs chairs précieuses. La nouveauté de cette étreinte ne les entrave en rien. Elles savent les points sensibles des femmes, connaissent les endroits magiques à flatter de la langue, ceux qu’il faut aspirer et téter doucement, ceux qui provoquent cris et fulgurances. Elles apprennent juste le goût nouveau de leur sexe, cette délicate saveur âpre et doucereuse qui laisse sur les papilles une sensation étrange, unique.


La jouissance vient très vite. Elles ont envie depuis si longtemps et c’est ensemble qu’elles se tendent, leurs corps devenant rocs, leurs sexes devenant sources.  L’amorce du plaisir les désunie et elles se retrouvent, torse contre torse, leurs mains emprisonnées entre leurs cuisses jointes. Elles crient,  paupières closes, aspirant l’air devenu trop rare comme des naufragées. Cela s’étire et dure, une vague percutant l’autre. Elles avaient tant envie.

Quand enfin, encore haletantes, elles ouvrent les yeux et se regardent, leurs cuisses disjointes sont mouillées de leur eau de plaisir et leurs mains trempées s’unissent, à hauteur de bouche. Chacune plonge son majeur entre les lèvres de l’autre, pour partager la saveur de cette étreinte femelle toute nouvellement consommée.

Elles se sourient. Leurs yeux ne se quittent pas. Elles se comprennent sans se parler.

Le plaisir sous un nouveau jour.



La semaine prochaine Episode 4 : Victor et ses jumelles


Les lecteurs(trices) qui sont arrivés au bout de ce récit pourront découvrir « Tu es Pierre », un roman de l’auteure, ici 

Voir sa page FB, ici


Bon week-end…


Lyselotte


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