Les rêveries sensuelles de Lyselotte (1er épisode)

Prendre le temps de se découvrir, dans tous les sens du terme…



2/02/17


Le printemps arrive à petits pas. La sève commence à monter. Alors, pour les week-ends à venir, InfoBassin lance un feuilleton caressant comme une plume, situé sur le Bassin d’Arcachon, pour les amateurs d’aventures amoureuses. Il est écrit par Lyselotte, auteure taquine, aimant rire et partageuse. Une page intimiste d’histoires sans tabou…

Michel Lenoir, Directeur de Publication



Episode 1

Cap Ferret.

Jeudi 22 septembre 2016

L’automne pointe son nez au calendrier et pourtant la chaleur est toujours aussi présente. Loréna descend le chemin  qui déroule son ruban ourlé de piquets gris jusqu’à la plage du Mirador. Le sable, se dérobant sans cesse sous la plante de ses pieds chaussés de tongs ornées de fleurs multicolores, accentue le roulis de ses hanches. Elle est belle Loréna.

lyselotte plumeSes amis la disent solaire, ses amants ardente. Pour l’heure, vêtue d’un long paréo jaune pastel orné de fleurs d’ibiscus iridescentes noué sur ses hanches et d’un soutien-gorge d’un blanc virginal qui moule sa poitrine opulente, elle descend vers la plage. Le vent léger fait voleter les pans de son sarong. Elle ressemble à un papillon. Ses longs cheveux d’un blond vénitien lustré sont tressés et leur natte épaisse dévale jusqu’aux reins cambrés de la belle.


Le soleil, d’ordinaire sans pitié avec les rousses, a donné à sa peau une couleur ambrée qui fait bien des envieuses. Une capeline du même vert que ses yeux en amande – pour l’instant invisibles derrière de grandes lunettes opaques-   piquette  son visage d’un fouillis de paillettes mouvantes . Elle sourit et ses lèvres ourlées découvrent les larges dents du bonheur qui rajoutent une touche de charme à son visage ovale.

Lasse de vaciller sur ses semelles caoutchouc , elle s’arrête au milieu du sentier et se penche pour  les ôter. Cette position met en valeur ses formes callipyges et la minceur de sa taille. Elle se redresse et reprend son chemin, enfonçant plus que de raison ses orteils nus dans le sable. Et c’est ainsi qu’elle arrive sur la plage,  phalène palpitante. Elle s’arrête et respire, à plein poumons.

La plage est pratiquement déserte. La rentrée des classes et la fin des vacances ont drainé vers les villes et villages alentours les habitués des lieux.  Les vacanciers sont partis, youpi ! Seuls quelques aficionados du soleil étalent leur blancheur révélatrice sur le sable doré, là-bas, très loin sur la droite. Un joggeur s’éloigne, petit point mouvant, vers le bout de la plage.

Et la voila, plantée comme un piquet, choisissant, sans presse, l’endroit où elle va se poser. Elle fait quelques mètres sur la gauche en remontant un peu vers une enclave légèrement en retrait. Elle aime être tranquille et un peu à l’abri Loréna.

Après avoir aplani le sable d’un pied assuré, elle sort du sac qu’elle portait en bandoulière une serviette de bain grande comme une nappe de pique-nique, et l’étale en tenant compte du sens du vent. Puis elle s’assoie, ôte capeline et lunettes et…admire. Elle ne se lasse pas de ce panorama magnifique. C’est marée haute et sur la droite, l’océan enroule ses vagues en vaporeuses gouttelettes irisées de lumière. Arc-en-ciel éphémères parfumant l’air de leurs salines  senteurs.  L’écume ourle la plage de sa dentelle légère, laissant dans son empreinte avalée par le sable, un reliquat d’algues et de coquillages nacrés que chaque nouvelle vague emporte puis ramène.


Pilat La blonde

Et Pilat la blonde, en face. Connaissez-vous Pilat ? Sa dune blonde et rousse aux courbes féminines, les géants minuscules fourmillant sur sa nuque. Et sur son sommet doux où s’ébattent les mouettes, ce sentiment divin qui s’empare de nous… Le vent y est léger et t’effleure la peau, y posant , bouche tiède, sa langue douce et salée. Les sirènes ont laissé un peu de leurs cheveux, des poignées d’algues vertes parées de coquillages s’emmêlant paresseuses, au ressac et aux flots…

Elle reste ainsi, à contempler les éléments unis en une ronde parfaite, inspirant l’air à plein poumons, caressant de ses orteils nus le velours du sable, s’emplissant le cœur et l’âme de cette paisible valse. Puis elle dénoue son paréo et, jetant un bref coup d’œil alentour,  ôte d’un geste lent le bandeau qui enserre sa poitrine. Elle inspire encore, frotte doucement le dessous de ses seins en étirant son dos et sort de son sac un tube de crème solaire dont elle extrait quelques larmes qu’elle dépose sur ses épaules rondes, sur ses cuisses nerveuses et sur ses rondeurs dévoilées. Sans doute rêve-t-elle, en s’oignant, aux mains câlines de quelque amant parcourant sa peau soyeuse. Une fois bien enduite, elle farfouille dans la bouche ouverte de sa besace de plage et en extrait un livre, puis elle s’étend à plat ventre. Son cul, moulé dans un tanga blanc, s’épanouit alors tout comme le sourire du sportif qui passait.


Biscottos huilés, caleçon noir uni, le joggeur du jeudi ralentit son allure -pourtant déjà pas féroce- et se rince l’œil. Il s’en fiche, il n’y a personne sur la plage. Il se tord donc le cou pour ne pas manquer le spectacle, puis, résigné, continue sa route tout en réfléchissant à toute vitesse. Cette superbe sirène est à plat-ventre, pas une mouette aux alentours, si je repasse, je ne risque rien.

Le voila donc qui entame un vaste tournant le ramenant sur ses propres traces. L’homme a dû être sioux dans une autre vie. Il ralentit encore un p’tit coup en passant à quelques encablures de la belle nana, continue sa déambulation presque au pas puis, faisant mine de reprendre souffle, s’arrête carrément, mains sur les genoux, essoufflé et yeux braqués vers sa cible immobile.

Justement la voila qui pose son bouquin, s’étire et d’un mouvement reptilien empreint de grâce, entreprend d’offrir son côté face au soleil après lui avoir confié son côté fesses. L’homme retient un temps son souffle. Les seins sont opulents et gonflés comme il les aime. D’où il est, il ne voit pas la couleur des aréoles mais en devine les tétons érigés  comme une petite phalange.

La belle soupire d’aise, passe ses mains sur sa poitrine et sur son ventre bombé puis se soulève et s’assoit. Les lunettes cachent ses yeux mutins qui épinglent le joggeur pétrifié un peu plus loin. Lui, conscient de l’incongruité de sa position de voyeur, sourit niaisement et fait mine de partir.


Alors la coquine, d’un signe significatif de l’index l’invite à venir la rejoindre.

L’homme se retourne pour s’assurer que c’est bien à lui qu’elle fait signe, pose sa main sur son torse en mimant le MOI interrogatif qui sied à la situation et devant l’approbation de tête de Loréna s’approche en petites foulées.

– Bonjour, minaude la toute belle.

– Bonjour, répond-il du haut de son mètre quatre-vingt cinq.

– Vous voulez bien me passer de la crème ? demande la mâtine en souriant à belles dents.

– Heu… oui, dit-il en se laissant choir à genoux à hauteur de ses hanches. Moi c’est Martial, ajoute-t-il à toutes fins utiles.

– Moi Loréna, dit-elle en enlevant ses lunettes.

Et voilà notre bonhomme pris dans l’ambroisie des pupilles qui le détaillent sans gène.

– Loréna ? comme la chanson des Fréro Delavega ?

– Oui, affirme-t-elle. C’est même moi qui l’ai inspiré cette merveille !


Forte de cette confidence (dont  notre harponné doute à peine tant est magique cette rencontre) elle se remet à plat-ventre après lui avoir donné le tube d’ambre solaire.

Il dépose quelques virgules nacrées sur les épaules, au creux du sillon du dos, sur les cuisses et les mollets. Il évite soigneusement les  demies lunes du cul somptueux à moitié découvert par le tanga échancré mais se repait de cette beauté parfaite qu’il a à portée de doigts.

Il s’applique, soyez-en sûr, passant avec une lenteur très professionnelle (clin d’œil) de l’arrondi de la nuque au lisse des omoplates, s’ingéniant, un bout de langue coincé entre les lèvres à la manière d’un élève appliqué, à faire pénétrer la lotion jusqu’à complète absorption sur le dos et les fossettes des reins, puis, sautant du dos aux cuisses, il continue sa lente exploration tactile de la femme qui s’offre.

– Vos mains sont douces, murmure celle-ci, le nez dans la serviette.

– Oui, ne trouve-t-il qu’à répondre sottement.

C’est qu’il a les idées clairement placées ailleurs que dans la douceur de ses mains, l’animal.

Il les a même parfaitement affichées dans son caleçon de bain dont le devant est déformé par une forme oblongue et charnue dont il aurait du mal à cacher l’ampleur si il lui fallait se relever.

Martial toussote.

– Votre peau aussi, parvient-il à ajouter avec un peu trop de précipitation à son goût, mais bon…fallait dire quelque chose.

– Vous pouvez en passer partout s’il vous plaît, insiste la mâtine en souriant dans son coude sur lequel elle a posé sa tête pour être plus à l’aise.

– Heum…Voui s’étrangle Martial.


Il prend une profonde inspiration, se poste à hauteur du…des…de la…se poste à bonne hauteur et pointille l’arrondi replet d’un chemin de galets blancs conduisant à la raie (et non pas à l’arrêt) du cul de Loréna. Puis après avoir « échauffé »  ses doigts en les pliant et les dépliant plusieurs fois puis en en faisant craquer chaque phalange, il en pose juste le bout (heum) sur le sillon -là où commence la fesse et là où finie la cuisse- et masse avec application mais sans trop insister en restant dans cette scissure satinée et presque laiteuse.

– Plus haut s’il vous plaît…

– Heum, s’émeut-il un peu plus fort. « Ok » semble-t-il penser en apposant chacune de ses mains sur chaque fesse de la coquine.

Elle soupire.  Il se retient de gémir. Comme le boulanger pétrissant la pâte à pain, le voila enfonçant ses doigts dans l’élasticité pulpeuse de Loréna qui n’en peut plus d’aise. Et lui de s’attarder à la limite de la prison de tissu, et d’effleurer l’intérieur soyeux des cuisses qu’elle écarte pour lui  faciliter l’accès à son entrecuisse bâillonné de blancheur. Elle est carrément détendue alors que lui, droit dans son slip, bouillonne de désir.

Si elle me demande de lui en passer devant, je suis cuit, s’affole Martial.

Mais elle, le visage de nouveau posé sur la serviette, ne semble qu’apprécier l’instant, respiration régulière et yeux clos.


Le massage dure bien cinq grosses minutes durant lesquelles elle reste immobile et silencieuse. Il s’arrête, ne provocant nulle réaction de Loréna.

Il attend un peu puis, les mains en l’air -car graisseuses- il fait, à genoux, le tour de la jolie. Elle dort. Bin voila, se dit-il en s’essuyant les paumes sur le torse.

Il reste un bon moment à regarder la belle à la plage endormie, s’attardant sur le visage paisible et sur ce corps magnifique dont il connaît aussi la douceur de satin. Puis avec des lenteurs de militaire en mission de repérage, il se lève, attrape le paréo multicolore et en couvre les appâts épanouis puis tourne les talons et part à petits pas vers le haut de la plage.

Ce soir, Myriam, sa compagne profitera de son émoi furtif. Songer à une autre en faisant l’amour n’est pas tromper…



La semaine prochaine Episode 2 : Martial



Les lecteurs(trices) qui sont arrivés au bout de ce récit pourront découvrir « Tu es Pierre », un roman de l’auteure, ici 

Voir sa page FB, ici


Bon week-end…


Lyselotte


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