Petites Histoires du Bassin d’hier et d’aujourd’hui (de Jessica Bourcillier)

Comment sensibiliser les enfants aux trésors naturels du Bassin ? Avec des histoires, pardi !


21/05/16


petites histoires du Bassin bourcillierJessica Bourcillier raconte des histoires. Elle les a réunies dans un livre intitulé « Petites Histoires du Bassin d’Arcachon d’hier et d’aujourd’hui. »

Une porte ouverte vers l’imaginaire mais qui donnent envie de (re)découvrir avec ses enfants cette petite mer de Buch, ses habitants et ses forêts.
On y découvre la mystérieuse naissance des Bernaches Cravant, la recherche des trésors du Bassin, l’ogre de la forêt et l’inspecteur Langouste …

Plutôt que d’en rédiger la critique, on a préféré vous laisser juge avec un extrait…


« Les trésors du Bassin »


« Il y a très longtemps, existait au bord du Bassin un royaume. C’était celui d’un seigneur, le Captal, qui terrorisait et affamait les gens qui vivaient sur son domaine. Un jour, Jean, un pauvre paysan, s’assit au bord du Bassin et alla confier ses malheurs aux eaux :
— Le Captal nous affame, il prend toute ma récolte et ne me laisse que des restes que je dois disputer aux oiseaux. Je ne peux plus nourrir ma famille, que vont devenir ma femme et mes enfants ?
A ce moment, la fée des eaux lui apparut :
— N’aie pas peur, je suis là pour t’aider. Je vais te confier une de mes richesses. Dans mes eaux existe un trésor, le sel. Fais en commerce, et tu t’enrichiras.


Aussitôt, il se mit au travail, endiguant les prés salés – ces étendues naturelles rases inondées lors des grandes marées – afin de les transformer en marais salants. L’eau entrait dans des bassins disposés en peigne. Leur
profondeur s’affaiblissant au fil du parcours, l’eau s’évaporait au fur et à mesure, révélant ainsi son trésor, le sel. Jean n’avait plus qu’à le récolter. Il en fit donc commerce, mangea à sa faim et, ayant bon coeur, il partagea sa trouvaille avec ses voisins. D’autres marais salants s’implantèrent. Le Captal vit tout ceci d’un mauvais oeil et demanda au roi l’autorisation de taxer ce commerce. Le roi accepta. Les taxes devinrent si élevées que ce commerce ne fut plus rentable. Jean, plus malheureux que jamais, retourna au bord des eaux du Bassin :
— Le Captal nous affame, il taxe tout mon sel et ne me laisse que mes
larmes pour pleurer. Je ne peux plus nourrir ma famille, que vont devenir ma femme et mes enfants ?
A ce moment la fée des eaux lui apparut :
— N’aie pas peur, je suis là pour t’aider. Je vais te confier une autre de mes richesses. Dans mes eaux existent un autre trésor, les poissons. Elève-les, fais en commerce, et tu t’enrichiras.


Aussitôt, Jean se mit au travail, transformant les marais salants en bassins piscicoles. Il installa des écluses qu’il ouvrit à chaque marée haute pour faire rentrer les alevins dans les réservoirs. Puis il les refermait avant la marée basse pour piéger les petits à l’intérieur. Les poissons croissaient ainsi paisiblement dans les bassins. Jean en fit donc commerce, mangea à sa faim, et ayant bon coeur, il partagea sa trouvaille avec ses voisins. La pisciculture se développa sur le Bassin. Jean, heureux, vendit son poisson jusqu’à Paris, Toulouse et même Marseille!
Le Captal vit tout ceci d’un mauvais oeil et eut une idée cruelle. Il domestiqua les cormorans. Ces derniers pêchèrent la plus grande partie de la réserve de poissons. Et comme le Captal comptait bien profiter de cette pêche miraculeuse, il plaça un anneau autour du cou des pauvres oiseaux pour les empêcher d’ingurgiter leurs proies et il n’avait plus qu’à se servir. Jean, au désespoir, retourna au bord des eaux du Bassin :
— A cause du Captal, le pauvre cormoran nous affame, je ne peux plus nourrir ma famille, que vont devenir ma femme et mes enfants ?
A ce moment la fée des eaux lui apparut :
— N’aie pas peur, je suis là pour t’aider. Je vais te confier une autre de mes richesses. Dans mes eaux existe mon plus précieux trésor, l’huitre. Pour le moment elle est sauvage, élève-la, fais en commerce, et tu t’enrichiras lui dit-elle en lui remettant un naissain.


Il devint donc parqueur, il sema les huitres à la volée, à même le sol comme on plante du blé, marchant dans la vase à l’aide de mastouns, ces sortes de patins en bois. Il fit ainsi commerce des huitres, mangea à sa faim et, ayant bon coeur, il partagea sa trouvaille avec ses voisins. Et c’est ainsi que l’ostréiculture se développa sur le Bassin.
Et le Captal? Il ne fit plus parler de lui. On raconte qu’un jour, s’aventurant sur les eaux tumultueuses de l’océan, une vague de sel s’abattit sur lui suivie d’une nuée de poissons. Il tomba à l’eau et se fit engloutir par une huitre géante, la plus grande qu’on ait jamais vue. Certains affirment même qu’une femme apparut au dessus des eaux…


Tu pourras trouver trace des anciens bassins piscicoles et de leurs écluses notamment au domaine de Certes et Graveyron, au domaine Fleury du Teich… Et pour connaitre la suite de l’histoire de l’ostréiculture rends-toi à la Maison de l’huitre au port de Larros à Gujan Mestras. »


Voilà. Si vous avez aimé, l’ouvrage est disponible en version électronique sur cultura.com. Les cent premiers sont gratuits (lien direct ici pour la commande).  Bientôt, le livre sera aussi publié en version papier.

Il était une fois …


Michel Lenoir


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