Les rêveries sensuelles de Lyselotte (Episode 9)

Martial et Bérengère, Agents immobiliers …(1/2)


22/04/17


lyselotte diablotin pomme9eme épisode de notre feuilleton sensuel, situé sur le Bassin d’Arcachon, pour les amateurs d’aventures amoureuses. Il est écrit par Lyselotte, auteure taquine, aimant rire, et partageuse. Une page intimiste d’histoires sans tabou…

Michel Lenoir, Directeur de Publication


(Pour lire les épisodes précédents, cliquer ici)


Nous avions laissé Martial sous la douche où, d’une main assurée, il a calmé à sa manière habituelle et trop souvent sollicitée, les dommages collatéraux dont son massage sur le corps de Loréna ont été responsables.

Nous le retrouvons sur son lieu de travail, l’agence immobilière où, penché sur son ordi mais la tête ailleurs, il attend avec impatience l’arrivée de sa collègue Bérangère partie faire visiter une maison.


La clochette de la porte d’entrée tintinnabule et la voila qui entre. Elle lui décoche un sourire rayonnant assorti d’un :

– Bonjour Martial, limite langoureux -du moins dans l’esprit du garçon.

– Salut Bérangère, répondit-il d’un air faussement préoccupé. Je n’arrive pas à retrouver le dossier de la baraque en vente au Canon. Tu l’as classé dans quoi ?


Elle pose sur le dossier de sa chaise perso la petite veste en jean qu’elle portait en arrivant et  sur le sol un sac dont les proportions quasi gigantesques laissent à supposer un contenu hétéroclite et varié. Puis elle se penche par-dessus l’épaule de Martial, posant, toujours aussi innocemment, le poids moelleux de ses roploplos si près de son oreille qu’il lui semble entendre le sang circuler sous la chair.

Il ferme les yeux, respire à plein poumons le parfum citronné intimement mêlé à celui de la sueur de cette femme qui revient d’un extérieur surchauffé. Il penche un peu la tête et sa joue râpeuse frotte la peau veloutée, brièvement.

Elle, la souris de l’ordi lovée dans sa paume, s’active innocemment.

– Là, regarde,  finit-elle par dire. Dans le dossier Résidences de luxe. J’aimerais bien aller la visiter d’ailleurs cette maison – qui n’a rien d’une baraque ajoute-t-elle en le soulageant du poids de ses seins et en le bousculant d’une bourrade amicale. T’as quelque chose de prévu dans l’immédiat ? ajoute-t-elle en remontant, de ses mains croisées en peigne, quelques  mèches rebelles qui serpentaient sur son épaule.


Il fait très chaud et ses cheveux domptés en chignon vite fait, dégagent l’arrondi délicat de la mâchoire et son front bombé. Entre lèvres et nez, la transpiration perle en fines gouttelettes qu’elle essuie d’un revers de poignet énergique.

Tandis qu’il réfléchit à la suite à donner à cette question somme toute anodine, Bérangère passe derrière son bureau positionné en face de celui du garçon, sort de son sac gigantesque une bouteille d’eau dont elle boit, au goulot, de longues rasades. Le cou penché en arrière, elle évoque, dans l’esprit torturé par la faim charnelle  de Mathias, l’abandon total de la femme s’offrant sans appréhension à l’appétit du mâle. Et puis ce geste tend le tissu du chemisier léger dont elle est vêtue et révèle, en presque transparence, l’aréole d’un sein exempt de tout soutien. Cela finit de le convaincre et il se lève précipitamment en prononçant un non un peu trop fort et d’une voix un peu trop enrouée.

Surprise par la réaction quasi instantanée de Martial,  Bérangère remise bien vite sa bouteille dans son sac et demande en le passant en bandoulière sur son épaule:

– Ta voiture ou la mienne ?

– La mienne. Elle a la clim’.


Une grosse douzaine de kilomètres sépare Lège du Canon. En plein été, cela aurait pris une heure pour parcourir cette distance.

– Tu as l’adresse ?

Après avoir programmé le GPS pour éviter les embrouilles entre collègues quand au chemin à prendre pour arriver à bon port, les voila partis.

Martial jette fréquemment de furtifs coups d’œil aux genoux ronds de sa passagère. Elle porte une mini-jupe en jean qui lui remonte sur le haut des cuisses et sa peau halée est lisse et brillante. Un régal. Elle, apparemment, ne se rend compte de rien, toute occupée à regarder le paysage défiler derrière la vitre. Elle tapote le rebord de l’accoudoir de la pulpe de ses doigts, suivant, dans sa tête, le rythme d’une musique qu’elle seule entend.

– On a du bol quand même d’habiter ici, finit-elle par dire pour rompre le silence limite oppressant qui s’est installé. Tu te rends compte ?

– Enqui oui, que je me rends compte ! C’est le pied ici. La mer, les pins, le soleil. On est tout le temps en vacances du coup, même quand on bosse. Tu as un mec ? s’entend-il demander.


Elle le regarde avec des yeux comme des soucoupes, ne comprenant visiblement pas le cheminement des pensées du conducteur. Jugeant plus important de répondre que de réfléchir, elle rétorque donc :

– Non, pas pour l’instant. Je suis ouverte à toute proposition, ajoute-t-elle les quinquets fixés sur le profil du garçon qui ne bronche pas.

Le reste du parcours s’effectue dans le silence lourd de non-dits. Vous savez, ces bestioles à petites pattes qui trottinent dans nos caboches quand on envisage plein de trucs possibles ou envisageables.

Le GPS leur dit de tourner à droite, à gauche et les voilà sous les pins, sur un chemin goudronné qui s’interrompt devant un vaste portail de bois qui occulte l’horizon.

Bérangère attrape son fourre-tout (qui semble bien porter son nom), plonge les deux bras dedans et finit par en extirper une enveloppe kraft d’où elle extrait une télécommande.

– Et voila dit-elle en appuyant sur l’un des boutons.

Ca clignote à droite et le portail s’estompe lentement, dévoilant le chemin goudronné serpentant entre les pins et la villa qui y niche.

– Pioufff, la baraque ! s’émerveille Martial en redémarrant.

– C’est pas une baraque le reprend de nouveau Bérangère. C’est « une villa de charme entourée d’un terrain boisé de mille cent cinquante mètres carrés.  Deux cent trente mètres carrés habitables … » est-elle en train de lire sur sa fiche mais déjà son collègue n’écoute plus.


Moteur coupé, il  sort de sa voiture, respire un grand coup l’air saturé de chaleur et vient ouvrir à sa compagne, grand style.

Elle pouffe.

–  C’est pas de la galanterie précise-t-il mi-figue mi-raisin. Je te signale qu’il fait une cagna pas possible et que c’est toi qui a les clés du château.

– Oui, c’est vrai.

Elle s’extirpe de l’habitacle, passe sa besace de Gulliver sur son épaule et tire un peu sur sa jupe pour lui redonner une longueur décente. Puis elle se hâte dans le sillage du garçon qui déjà, mains en éventail à hauteur des yeux, a grimpé les quelques marches d’une terrasse en bois et regarde l’intérieur de la villa à travers une vaste baie vitrée.

Elle en ouvre un battant en un tour de main et se précipite vers le système d’alarme qu’elle met hors de service en tirant la langue tant elle est attentive à ne pas se tromper. Martial la regarde en souriant. Une vraie gamine.

(A suivre)



 Bon week-end…


Lyselotte


Les lecteurs(trices) qui sont arrivés au bout de ce récit pourront découvrir « Tu es Pierre », un roman de l’auteure, ici 

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