Les rêveries sensuelles de Lyselotte (Episode 14)

27/05/17


Paul, Isidore et Loréna


14eme épisode (déjà!) de notre feuilleton sensuel, situé sur le Bassin d’Arcachon, pour les amateurs d’aventures amoureuses. Il est écrit par Lyselotte, auteure taquine, aimant rire, et partageuse. Une page intimiste d’histoires sans tabou… Michel Lenoir, Directeur de Publication



Mail de Loréna à Paul (voir les épisodes précédents) qui s’installe confortablement pour en prendre connaissance et se laisser aller à un petit plaisir solitaire…


Paul… Pour toi.


Punaise, j’aime vraiment les belles voitures. Quand je dis « belles » je ne pense pas à ces petits bolides où l’on peine à entrer, obligé de se couler dans un habitacle lilliputien à la logeabilité profilée façon coquille d’escargot. Non, je cause des belles voitures façon monstre trapu à la carrosserie de bakélite. Celles qui évoquent un être aux aguets, prêt à déployer sa puissance et sa vélocité au moindre mouvement…

Celles-là me font un effet bœuf !

La marque ? j’sais pas ! Mais je les aime trapues, noires de préférence, mates, ronronnant comme un guépard en amour.

Garée dans cette allée forestière je l’ai dépassée, ralentissant ma foulée pour jeter un coup d’œil discret à l’intérieur.


lorena voitureZut !!! Les vitres fumées ne me permettent ni de voir si elle est habitée, ni son intérieur. Cette merveille, tapie à l’ombre des pins mouvants, semble palpiter de toutes les mille vies des aiguilles auquel le vent prête vie. Sa robe soyeuse, une fois que je l’ai dépassée, me fait regretter de ne pas être moi-même munie de rétroviseurs.

Alors, bravant toute prudence, je ralentis, pose mes mains sur mes hanches et mime l’athlète en proie à un point de côté ! Pendant que je fais semblant de dompter la douleur à grands coups d’aspirations et d’expirations amples, tout un tas d’hypothèses se bouscule dans ma tête quand à la présence de ce félin tapit sous les pins ronds

– Conducteur partit se soulager à l’abri des broussailles…

– Petit roupillon de récupération…

– Couple lové sur la mousse et en train de se faire du bien un peu plus loin…

– Entretien téléphonique impromptu et improvisé dans cette allée pas si éloignée que ça de la voie rapide…


Je me retourne mine de rien -si tant est que l’on puisse avoir « l’air de rien » en reluquant une belle bagnole arrêtée sur le bord d’une allée forestière isolée – et tout en jetant un coup d’œil périphérique à la forêt à l’entour, ôte de mes oreilles les écouteurs me distillant la musique que j’aime. Tout bouge en fait.

Le vent, présent partout, rend supportable cette journée de chaleur torride, ployant les fougères roussies qui exhalent un parfum froissé, agitant les brandes chevelues comme des toupets de Riquet, massant avec frénésie les arbousiers aux feuilles vernissées.

Les parfums exacerbés par la moiteur, se mélangent subtilement avec l’air marin que le vent a chipé à l’océan au bout du Ferret.


J’hésite quand même mais l’envie est trop forte. Je m’approche du démon assoupi, flairant comme un gibier traqué, essayant de deviner si cette somptueuse carapace est vide ou habitée.

Rien ne semble bouger. Ma main frôle la carrosserie, tiède, douce comme une peau satinée. Qu’elle est belle…

Je ferme à demi les paupières, jaugeant cette bête à l’affût. Elle est vraiment belle.

Je pavane autour d’elle, faisant ma cour à la manière d’une femelle en chaleur. Je tourne au ralenti, ma main palpant, appréciant, flattant… Un petit clic me fait sursauter. Un ziiippp imperceptible. La vitre côté chauffeur descend révélant le visage souriant d’un homme… Bondieu, quelle surprise. Ses yeux rieurs me dévisagent…


-« Elle est belle, n’est ce pas ? »

J’ai sursauté, reculée à dix pas, la main sur la poitrine. Il ne bouge pas, il a tout compris.

– Je m’appelle Isidore, bonjour.

Que faire? Partir en courant me semble judicieux. Mais un homme qui possède une telle merveille, peut-il être mauvais ? Non, je ne pense pas !

Je me fais la question et la réponse comme ça, c’est plus facile.

Ça se bouscule, là, dans ma caboche. J’ai peur de l’inconnu, mais j’ai aussi très envie de tâter le cuir de cet habitacle fauve et roux comme un nid de fauvette.


Je m’approche…un peu…

En plus, je ne risque pas grand chose vu l’état pitoyable dans lequel je suis. Je sens la sueur comme pas possible, je suis ébouriffée comme si je venais de réchapper à un ouragan et franchement, chuis pas appétissante. Pas maquillée, vêtue d’un vieux short déformé par les lavages successifs, d’un marcel pas du tout sexy collant à ma poitrine certes voluptueuse mais…

Bon ok…

 Je souris d’un air bravache, très loin de ressentir l’assurance dont je fais montre

– Oui, elle est magnifique.


Là, je t’épargne les considérations techniques dont je noie le conducteur et auxquelles il répond et ajoute d’autres considérations.

En vrai, je m’en fous un peu du nombre de chevaux qui vrombissent sous le capot. Je croyais que les chevaux c’étaient que dans les écuries qu’il y en avait, alors…C’est juste pour la crédibilité de l’histoire!

Mais c’est vrai que j’adore les belles voitures. Bon, j’en étais où moi, maintenant?

Oui donc…


Je m’approche encore un peu, pose mes doigts aux ongles même pas vernis sur la brèche dans la carapace et mate l’intérieur, légèrement penchée, parfaitement inconsciente que ce geste, somme toute anodin, dévoile le haut de mes seins tout vernissés de sueur.

Il hume …

Je ne vois que le cuir des sièges, la ronce de noyer du tableau de bord, la capsule métallique qui chapeaute le levier de vitesse à la manière d’une calotte de rabbin. Ce levier de vitesse est trapu, épais et me rappelle un truc mais je sais pas quoi !

– Magnifique, inspire-je en fermant à moitié les yeux.


L’intérieur sent la mandarine et un petit monceau d’épluchures délicatement posé sur une serviette en papier dénonce d’une part le léger en-cas que vient de déguster le chauffeur ET le respect de celui-ci envers la merveille qu’il conduit.

En plus, il y fait frais. Mes tétons manifestent immédiatement ma perception de la chose, pointant hardiment leurs chatons sous le coton collé.

– Vous voulez monter ? me demande le conducteur dont les yeux perçants me tiennent sous leur emprise.

– Je voudrais bien mais ma maman m’a recommandé de ne pas parler à des inconnus.

– Et bien vous me parler pourtant, sourit-il !

Diable, le bonhomme a raison. Et puis il est mignon, en plus. Une fossette, des yeux ma-ma-mia, une tuerie, un sourire façon loup câlin…

Bon ok !! Je fais le tour du bolide. Si maman me voyait, je me ferais remonter les bretelles, c’est certain.


Il s’est penché pour m’ouvrir la portière. Il a l’air très grand et baraqué…bref… Je suis là pour la voiture. Recentre-toi ma fille ! Je pose délicatement mon popotin culotté de moche sur le frais du cuir fauve. Qué délice !!

Je tapote l’une contre l’autre mes baskets sableuses avant de faire pénétrer mes jambes dans la rosée fraîche de l’habitacle et appuie délicatement mon dos trempé sur le dossier de la merveille.

Je vais tout crader, me dis-je en jetant un regard oblique à Isidore qui, pour l’instant, ne semble prêter attention qu’à mes genoux ronds et luisants.

Pas complètement folle quand même, je laisse la portière ouverte à demi, échappatoire dérisoire, je m’en rends compte vite fait, en matant les mains gigantesques qu’il a sagement gardé sur le volant.


Un peu raide, la nuque bien droite, j’inspecte mon environnement. Après avoir essuyé sur mon short -qui en a vu d’autres -mes paumes et mes doigts moites, je caresse la peau pleine fleur colorée de miel doux. Quelle merveille…

Mes phalanges suivent les courbes et méandres du siège qui m’enveloppe, escaladent à petits pas onglés la pente douce de l’appui-coude, cavalcadent sur le bord dodu de la vitre. Légèrement penchée en avant, je tripote le tableau de bord, insère mon majeur dans le trou à peine visible de la boîte à gants et…

– Elle vous plaît, n’est ce pas ?

N’est ce pas ? Cette formulation, en place du « hein » usuel qui aurait cassé mon beau rêve délicieux, me fait prendre conscience de la sérénité du conducteur dont je me suis appropriée le joujou sans vergogne.


– Vous voulez vous mettre au volant ? Alors là, si il me prend par les sentiments…

– Je peux ?

– Oui, hoche t-il, venez…

Et joignant le geste à la parole avec une synchronisation parfaite, il ouvre sa portière, fait le tour de la merveille, finit d’ouvrir la mienne -de portière- et me tend la main à la manière d’un galant homme. Je rêve ! Pincez-moi je vous prie.

Il attend que je me sois installée au volant pour s’approprier le siège passager et fermer sa portière.


Trop heureuse de pénétrer dans le Saint des Saints, j’en oublie toute prudence et claque la mienne en m’asseyant sans prendre, cette fois, la peine de faire le ménage de mes godillots. Bon là pareil !! Je vous fais grâce de la prise de possession de la bête par la profane amatrice de belles voitures que je suis. Mes mains sur le volant. Mes yeux sur le tableau de bord. Puis ma main droite sur le levier de vitesse qu’inconsciemment, je branlotte !

Isidore soupire !

Tiens ? M’interroge-je ! Qu’a t-il ?


Oui, bien sur !! Évidement.

Je suis…à La place du conducteur, concentrée sur Sa voiture et Ses merveilles alors que je devrais être pantoise, zyeux ‘g’zorbités, souffle haletant, hypnotisée par le charme magnétique du regard perçant du conducteur ! Tu parles d’une hérésie ! Je toussote pour cacher mon embarras.

– Elle monte à combien ?

Faire mine de m’intéresser au monstre dans le ventre duquel je suis me semble judicieux.

– Oh, elle monte très haut ! assure-t-il sur un ton qui me fait immédiatement tourner la tête vers lui.


Je surprends ses yeux sur mes cuisses avant qu’il ne les plonge effrontément dans les miens.

– Vous voulez vraiment que je réponde à cette question ? me demande-t-il avec un sourire carnassier qui étire sa fossette du menton et en fait naître tout un paquet sur ses joues.

Punaise, il est vraiment très beau. Et ses iris bleus en disent long sur les pensées coquines qui l’habitent.

– Heu non, je réponds tout en cherchant l’escapade à travers le pare-brise tout pointillé d’insectes écrabouillés. Bon, je vais peut-être y aller moi, dis-je d’une toute petite voix.

– Vraiment ? insiste-t-il.


Bon sang, je suis cuite.

Pas un geste mal placé de sa part, pas de brusquerie, rien. Que ces petites questions qui me prennent dans le sens de la peau et me font dresser les tétons. Alors je le regarde, il me regarde, nous nous regardons.

Il se penche vers moi, je me penche vers lui, nous nous penchons l’un vers l’autre. Son haleine frôle ma joue, sa main se pose sur ma mâchoire puis glisse sur mon cou. Un bref instant, très très bref, je me dis qu’il pourrait me serrer la gargagnolle comme de rien et m’étrangler proprement sans que personne ne le sache. Juste le temps qu’il faut pour que ses lèvres entr’ouvertes effleurent les miennes et que le bout de sa langue s’immisce dans ma bouche.

La nouveauté de sa saveur me fait gémir. Oui, j’ai très envie de cet homme. Et je peux dire, sans risque de me gourer que lui aussi a très envie de moi.



A suivre ! (Désolée)

Bon week-end…


Lyselotte


Les lecteurs(trices) qui sont arrivés au bout de ce récit pourront découvrir « Tu es Pierre », un roman de l’auteure, ici 

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