Les rêveries sensuelles de Lyselotte (Episode 10)

Bérengère, fruit de la tentation pour Martial… (2/2)


29/04/17


lyselotte escalier10eme épisode de notre feuilleton sensuel, situé sur le Bassin d’Arcachon, pour les amateurs d’aventures amoureuses. Il est écrit par Lyselotte, auteure taquine, aimant rire, et partageuse. Une page intimiste d’histoires sans tabou…

Michel Lenoir, Directeur de Publication


(Pour lire les épisodes précédents, cliquer ici)


Martial et Bérengère sont agents immobiliers, ils visitent une maison à Lège Cap Ferret, au Canon…


Il fait frais dans l’immense véranda où ils sont entrés. Frais et lumineux. Bérangère laisse tomber son sac sur le carrelage et ils visitent le rez de chaussée, jettent un œil aux salle de bain et salles d’eau, au séjour et à la cuisine américaine  équipée dernier cri. Quatre chambres cossues complètent cette villa magnifique. L’œil des agents immobiliers enregistre les parquets massifs et les poutres apparentes des « maisons de cachet » que recherchent les connaisseurs. La terrasse arrière où l’on accède par la cuisine, est entièrement recouverte de caillebotis et la piscine, équipée d’un pooldeck, est de belles proportions.

Dans le salon, un escalier colimaçon occulté par une bibliothèque garnie d’ouvrages reliés déroule effectivement ses volutes vers l’étage supérieur.


Ils arrivent à la première marche en même temps et Martial, avec une révérence très vieille France, s’efface pour laisser sa collègue  passer la première.

Elle quitte ses nu-pieds d’un geste rapide et commence sa montée, lentement, consciente -tellement consciente, la coquine- du spectacle qu’elle offre à Martial.

Lui la suit, d’abord les yeux sur ses propres godasses puis…

Le talon, le mollet, le creux poplité où les veines affleurent, l’amorce de la cuisse, la cuisse.

Et puis ces croissants de chair que la jupe découvre et recouvre au rythme de la montée et qui sert de frontière entre le réel et l’imaginaire.


Martial tousse pour décrocher l’oursin qui encombre sa gorge et elle s’arrête de suite, se retourne. Il a maintenant le nez à hauteur de la lisière de la jupette et comme il hésite à franchir le pas, elle, la taquine, remonte le tissu jusqu’à…jusqu’à…

Il craque, pose son museau sur la dentelle dévoilée, ses mains sur les balises brunes qui conduisent au havre de plaisir. Sa truffe hume l’odeur de bocage de la femelle qui s’offre.

Il frémit, gémit. L’homme prisonnier de son alliance se rebelle et le mâle en manque se mobilise. La lutte entre les deux est terrible.

Entre celui qui ne croyait pas que cela ferait si mal de franchir les interdits, qui pensait que ce serait nettement moins compliqué de tromper. Et puis l’autre qui a terriblement envie. Celui dont le sexe déjà érigé exige une satisfaction immédiate. Il a mal.

Elle, qui le domine, comprend le combat qui se déroule à deux doigts de sa peau.

Elle pose ses mains sur le crâne du gladiateur et descend d’une marche, de deux, de trois et son regard se retrouve en face des yeux de Mathias et ses mains sur sa mâchoire.


Ne pas le brusquer, juste lui faire comprendre que si il veut, il peut.

Il a les paupières closes, il respire avec peine. Ses poings sont serrés comme pour les empêcher de se détendre en mains câlines et d’étreindre.

– Martial ?

– Je peux pas, je peux pas…

Il la regarde enfin.

– Ce n’est que dans les films que c’est facile de tromper sa femme.

Il dit ça avec une hargne qui trahit sa frustration. Il détache les mains de Bérangère de ses mâchoires crispées, fait demi-tour et sort précipitamment de la maison. Il marche sous les pins en fichant des coups de pieds rageurs dans les aiguilles entassées au sol. Les cigales emplissent l’air de leurs stridulations et l’air sent le sel. Bérangère le rejoint et pose sa main tremblante sur son avant-bras.


– Tu m’en veux ? demande-t-elle.

Il se retourne d’un bloc, lui fait face, les poings enfoncés dans les poches.

– Ce n’est pas de ta faute, articule-t-il avec douceur.

Et ses yeux se détournent. Sans doute revit-il dans sa tête, le lent effilochement de sa vie de couple, l’envie qui s’étiole, la mortelle routine des jours et des nuits.

Ils sont face à face mais ne se regardent pas. Ils entendent juste la chorale des insectes qui leur vrille les tympans et le vent qui bruisse dans le dôme des pins.

– Tu veux qu’on y aille ? demande Bérangère.


Elle est si mignonne avec ses yeux de Caliméro et ses doigts qui palpitent sur la peau du garçon.

Dans l’instant, il imagine la suite de l’histoire, les cachotteries, les mensonges, les rendez-vous clandestins, les mauvaises excuses.

Et en même temps il évoque la lancinante absence de sexe qu’il a à gérer, les rebuffades de sa femme et ces miettes d’amour qu’elle lui concède avec tellement peu d’entrain. Et puis d’ailleurs, s’aiment-ils encore ?

Dans le cerveau de Martial, tout se bouscule. C’est comme un torrent impétueux qui entraîne sur son passage les bonnes et les mauvaises raisons, les pour et les contre, le délicieusement licencieux et le raisonnablement inconcevable, les amalgamant en un aggloméra qui fait brusquement pencher la balance du côté des sens, du plaisir, de la vie…


La semaine prochaine  : La suite …



Bon week-end…


Lyselotte


Les lecteurs(trices) qui sont arrivés au bout de ce récit pourront découvrir « Tu es Pierre », un roman de l’auteure, ici 

Voir sa page FB, ici et pour accèder à son Blog également.



Pour recevoir par e-mail tous les articles d'InfoBassin...

C’est gratuit


Comments

comments