Bien-etre ! Savoir reconnaitre le pervers narcissique… Par Patrick Filipe

Les idées psy : Le pervers narcissique… Qui est-il ? Comment fonctionne-t-il ?

Par Patrick Filipe, Infirmier D.E, Psycho-Praticien.


18/10/19


InfoBassin vous propose une rubrique hebdo autour de la psychologie, avec chaque semaine, des conseils, des analyses, des sujets qui vous peuvent vous concerner.


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« La perversion de la cité commence par la fraude des mots… » Platon


Selon le magasine Psychologies, « Les manipulateurs, ou pervers narcissiques, ne représenteraient que 2 à 3 % de la population ». Malgré ce faible pourcentage, en rencontrer un peut s’avérer toxique…

Je suis toujours surpris d’entendre « pervers narcissique ». Dans ma pratique, une personnalité perverse est de surcroit narcissique. Cela est très certainement lié à mes références littéraires.


Un autre point, le « pervers narcissique » est souvent un homme dans l’inconscient collectif. De mon point de vue, c’est une erreur. Il existe des femmes qui répondent à ce type de personnalité.

Jean Bergeret (médecin psychanalyste) estime que le Moi de ces sujets est lacunaire, incomplet si bien que le narcissisme des autres leur sert à tenter de combler leur narcissisme personnel.


Paul Claude Racamier (Psychiatre et psychanalyste) décrit le pervers comme organisé et réfléchi : « un sujet qui ne s’abstient que si le terrain n’est pas propice ». Il évoque le pervers comme narcissique en ce qu’il entend ne rien devoir à personne et n’attendre rien de personne. De plus, tout lui est dû.


Le pervers  cherche à trouver une victime fragile

Un pervers se doit de trouver une victime fragile, vulnérable. Il sait attendre pour agir au moment opportun et renonce à son objectifs dès qu’il se sent exposer.

Il est  extrêmement réaliste: il se projette, organise, prépare, prémédite ses conduites. Il est  habile pour déguiser ses fins et dissimuler ses objectifs.


Il utilise le lien familial, professionnel ou amoureux pour assujettir sa victime. Il va falsifier la réalité en ignorant toutes les situations qui viendraient noircir son image. Pour expliquer ses conduites antisociales, le pervers se place en victime et chaque passage à l’acte est justifié de façon logique ou reconstruit de sorte que l’autre devienne fautif. Le pervers utilise le mensonge pour embellir la réalité.


Si vous commençait à percevoir des personnalités, des peoples, voire des connaissances, c’est tout à fait normal. Cela n’en fait pas des « pervers narcissique ».


Pas d’empathie pour autrui

filipe idp pervers narcissiqueLe pervers agit de façon insidieuse et ne culpabilise pas de ses conduites car c’est l’autre qui est responsable. Sans aucune empathie pour les autres, il se montre égocentrique avec une haute estime de lui-même.

Il ressent le besoin d’être adulé. Il aime le pouvoir. Il est incapable de s’excuser et de remercier. Il vit de combat, d’attaque, de chasse, de prédation : « Une attaque du moi de l’autre au profit du narcissisme du sujet ». Le pervers ne dépend jamais d’autrui qui est son objet.


Il adapte ses sentiments, ses émotions et son comportement aux circonstances rencontrées, à l’environnement présent et aux personnes. Le pervers est alors aimable, sympathique et très adapté socialement.

Des traits paranoïaques sont retrouvés chez le pervers. La vérité importe peu mais il persiste une crainte que leurs imperfections soient révélées.



Pour sa victime : perte de confiance, dépression et dépendance

L’Autre perd confiance en lui avec des périodes de dépréciation, voire de dépression. Il devient totalement dépendant du pervers et perd son libre arbitre.

Le pervers débute une destruction méticuleuse du psychisme de sa proie sans que cette dernière en ait conscience. L’arme redoutable de pervers est la parole. Il utilise le mensonge, l’insinuation, les contrevérités, les allusions, le double-sens.


Les comportements antisociaux, la faute et le conflit sont niés, banalisés, rationalisés ou rejetés sur autrui. Il ne revêt aucun défaut et projette sur autrui ses propres travers par identification projective. Il n’est pas rare qu’il soit la victime ou qu’il se positionne comme tel.

Cette personnalité cache des blessures narcissiques. La perversion est un mouvement de défense au service du narcissisme du pervers, qui expulse tout conflit interne vers autrui. Selon Jean Bergeret, c’est l’Autre qui paie pour le pervers.


Un trouble de la personnalité

En psychiatrie, le DSM-5 (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders ou Manuel  de diagnostic et statistique des Troubles Mentaux) ne considère pas la perversité ou la perversion comme des diagnostics. La perversion sexuelle rentre dans les « troubles paraphiliques » (Pédophilie, voyeurisme, travestisme, exhibitionnisme, sado-masochisme…).

Le « trouble de la personnalité narcissique » est une véritable entité psychiatrique. Elle est définie comme « des fantaisies ou comportements grandioses, un besoin d’être admiré et un manque d’empathie ».


Un egocentrique charmant

Les premiers critères décrivent un sujet égocentrique, absorbé par son succès et sa beauté, se sentant unique, avec ce besoin excessif d’être admiré. Il est imbu de sa personne, exploite autrui sans aucune empathie avec envie et arrogance.

Le narcissisme poussé à l’extrême se transforme en véritable folie narcissique associée à une mégalomanie débordante dans laquelle l’individu agit dans un sentiment d’impunité totale. Autrui est exploité sans scrupules.


Les pervers narcissiques sont émotionnellement froids. Leur Moi grandiose éclipse un sentiment d’infériorité et de dépendance. Ils souffrent de sentiment chronique d’ennui et de vide. Ils cherchent constamment à être gratifier.

La prise en charge du pervers narcissique, ne connaissant ni remords et ni souffrance, est difficile à mettre en place. Il ne présente aucune demande puisqu’il se sent victime. Les consultations sont pour les victimes de pervers. Les dégâts qu’ils commettent sont d’une telle ampleur que les véritables victimes doivent identifier leur positionnement, leur paradoxe et sont contraintes de se remettre en question, avec le « Pourquoi rester avec ? » et le « Comment m’en dégager ? »

Bonne semaine !


filipe seul plage fmPatrick Filipe

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Psycho-Praticien. Thérapie cognitive et comportementale, analyse transactionnelle, hypnose

Consultations aux Cabinets à Andernos et La Teste de Buch, ou à domicile.

Sur RDV au 0662895392 ou par courriel à f.patrick29@gmail.com


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